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Un p'tit message ???

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Texte Libre

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Cherche pas, la naine aux cheveux courts qui se la pète de faire du pouss-pouss, c'est moi. A côté, c'est mon frère, ensuite la dame qui marche, c'est ma maman et dans le ventre de la dame qui marche, c'est un autre de mes frangins.

OverBlog, il a dit à Frida "tu mets de la photo dans tes posts", alors Frida elle obéit et elle met de la photo dans ses posts que je te prie de croire que tu vas en manger à toutes les sauces, de la photo, dorénavant, et que si point cela ne te convient, tu contactes OverBlog et tu râles. Voilà.

Ceci pour te dire que Frida, elle est née en Corse mais elle est expatriée depuis qu'elle est toute petite. Son premier avion, elle l'a pris alors qu'elle était à peine haute comme trois pommes rabougries, pour s'envoler vers Madagascar... là-bas, elle vivait pieds nus dans la broussaille, elle jouait dans les tas de charbon et elle mangeait des cafards volants, c'est sa maman qui le lui a dit.

Ensuite Frida, elle s'est envolée vers tout plein d'autres pays, mais toujours en revenant entre deux expatriations, passer quelques temps sur son île natale. Quand, ils vivaient en Corse, les parents de Frida, ils devaient supporter la petite peste qui avait toujours sa valise à la main, son poupon Affreux Jojo, ben oui, c'était son nom, sous le bras et qui demandait toujours "mais quand est-ce qu'on repart ?".

Oui, quand est-ce qu'on repart... parce que Frida, à force de bouffer des cafards volants, et bien elle trouvait que la baguette française, elle avait un goût un peu fade. A mes parents, je ne leur ai jamais fichu la paix. D'aussi loin qu'il m'en souvienne, je les ai toujours harcelés pour qu'on parte encore et encore, loin, toujours plus loin, vers d'autres horizons, vers d'autres odeurs et d'autres couleurs.

Et on est parti, et des horizons, on en a vu, et moi j'avais la tête pleine de couleurs et pleine d'odeurs et les yeux remplis de ces ailleurs qui étaient partout mes chez moi. La dernière expatriation que j'ai faite avec mes parents, c'était Mayotte. J'avais dix-neuf ans. J'avais arrêté les cafards volants mais je dégustais avec bonheur les brochettes de Roussette sur le petit port, à l'époque, de Dzaoudzi.

Finalement, j'avais bouclé ma boucle avec eux, en commençant par Madagascar et en finissant par Mayotte, pas très loin de mon point de départ.

Le virus, grâce à eux, c'est certain, je l'avais bel et bien choppé. Dans ma tête, la petite phrase "quand est-ce qu'on repart", elle était toujours là. Alors dans ma vie de Frida devenue grande, j'ai continué à voir d'autres ailleurs. J'avais d'autres Affreux Jojos sous le bras, d'abord un et puis deux et puis trois que j'ai mis dans mes valises.

Mes Affreux Jojos à moi, ils n'ont jamais mangé de cafards volants, mais ils ont nagé avec des requins et avec des raies, caressé des kangourous, croisé des crocodiles ailleurs que dans des zoos, fuit devant des varans... ils ont vécu sur des îles désertes, ils ont été lavés dans des eaux saumâtres, ils ont rencontré des gens de toutes les couleurs, ils ont leurs nez pleins d'odeurs aussi...

J'espère que ça leur a appris la tolérance, que leur esprit s'est ouvert, qu'ils savent que ça vaut la peine d'ouvrir ses yeux, qu'être curieux est une qualité, qu'on ne juge jamais hâtivement les gens ou les choses, que l'autre n'est pas forcément un ennemi, que changer d'avis ça veut dire ne pas être borné, que la vie a un prix et qu'un sourire ou une main tendue ça vaut tous les diamants du monde.

Parce que moi je suis riche de ça.

J'ai la bougeotte, ça me démange, je ne sais pas vivre longtemps au même endroit, je ne peux pas, j'ai en permanence envie d'ailleurs.

Mais bordel, qu'est ce que je les aime tous ces ailleurs.

Merci Papa. Merci Maman.

Copyright Chantal CADET 2008



par chantal cadet publié dans : Souvenirs, souvenirs...
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Bien sûr, quand l'homme qui possède les yeux de l'amour t'offre du frou-frou, il voudrait que tout de suite tu l'enfiles. Le frou-frou. Pas l'homme. S'il vous plaît, restons concentrés, j'ai un peu de mal ce matin.

Lui - Ca te plaît ?
Moi - Ben tiens... j'en rêvais...
Lui - Tu vas être belle...
Moi - Bien sûr... je vais juste ressembler à du figatelu...
Lui - Alors ?
Moi - Alors quoi ? Du figatelu bien frais...
Lui - Tu ne la mets pas ?
Moi - Nan... enfin si... bien sûr... demain... gagner du temps...
Lui - pourquoi demain ?
Moi - Heu... parce qu'elle est neuve et qu'il faut la laver, hein... je suis une fille géniale, vive moi.
Lui - Tu vas l'essayer quand même ?
Moi - Ben tiens... merdum...
Lui - Tu vas où ?
Moi - Dans la salle de bain... aie, aie, aie...
Lui - Je viens aussi...
Moi - NAN.. heu... nan... je veux te faire la surprise... géniale, je vous dis. Peut-être que j'allais réussir à perdre dix kilos sur le trajet salle à manger, salle de bain...

Que le mec qui a dit que quand la tête passe le reste passe aussi, se dénonce. Menteur !! La tête, elle est passée. Voilà. 

Ensuite y'a eu Trafalgar, y'a eu Leipzig, y'a eu Waterloo mais tout ça en même temps et à moi toute seule, que là, j'ai compris comment Napoléon, il a dû se sentir humilié devant sa glace avec sa nuisette en résille saumon coincé sur ses épaules et Joséphine qui l'attendait pleine d'espoir dans la salle à manger.

Taing, ils sont où les Anglais quand on a besoin d'eux, que moi, tout de suite je voulais y aller à Sainte Hélène... voire même, je payais le bateau de ma poche.

Lui - Alors ? Tu sors ?
Moi - Oui, oui...

Par la fenêtre, je sors !! Ensuite je cavale dans les champs et je squatte un terrier de lapin pendant dix ans... en bouffant uniquement de l'herbe autour du terrier, j'ai une chance de rentrer enfin dans le frou-frou. Ensuite je retourne dans la salle de bain, et je lui montre comment qu'elle me va bien la nuisette... ni vu, ni connu, j'te l'embrouille...

Lui - Tu me montres ?
Moi - Han, han...

Bien sûr que je vais te montrer... je vais te montrer à quoi il ressemble le cochon sauvage avant qu'on le tue pour faire le figatelu avec... que c'est sûr, ça va te faire un choc... c'est moche l'agonie du cochon sauvage...

Lui - Mais qu'est-ce que tu fais ?
Moi - Je saute.
Lui - Quoi ????

Je sautille sur place. Je sautille parce que cette saleté est coincée. Ca ne va pas être facile pour sortir par la fenêtre... ni pour courir dans les champs d'ailleurs... j'ai l'air fine avec mes bras en l'air avec la dentelle dans les mains et le frou-frou coincé aux épaules... d'ici que le voisin jette un coup d'oeil par la fenêtre, qu'il me prenne pour un cambrioleur et qu'il décide de tirer à vue...

Je vais te la jouer sexy. Dès que je suis décoincée, je te la lui joue Maryline qui sort de sa salle de bain avec juste mon voile de Chanel number five que le frou-frou, même pas il va se rappeler qu'il me l'a acheté. Ensuite pendant qu'il dort, je vais l'enterrer dans le jardin. Nan, pas l'homme. Le frou-frou. Et puis je dirai à l'homme que je l'ai perdu. 

Voilà. C'est qu'il y en a là-dedans !!

And the winner is !! Ca y est, c'est passé. Je suis aussi hirsute et aussi rouge que si j'avais couru un marathon... mais le chiffon est par terre.

Lui - Tu sors ou quoi ?
Moi - Voilà, voilà... oui voilà...
Lui - Mais... elle est où la nuisette ?

Taing... Maryline, ne me lâche pas... d'accord, y'a pas le number five... d'accord, y'a pas la blondeur... d'accord, y'a pas les lolos... mais quand même...

Lui - Mais pourquoi tu es rouge pivoine ?

On est où ici ? C'est une annexe de la gestapo ou quoi ? C'est quoi toutes ces questions ? Dans deux minutes, il me torture...

Moi - Je fais une allergie... dès que j'ai passé la nuisette, je suis devenue rouge... la matière sans doute... je ne comprends pas... du coup je ne peux pas la garder...
Lui - Oh !! 

Ben oui, oh. C'est sûr il est déçu. Moi aussi, ouhlala, qu'est ce que je suis déçue, ouhlala...

Quand même... des fois, j'arrive à m'épater.

Copyright Chantal CADET 2008


Ce matin c'est Gotye.

GOTYE HEARTS A MESS

par chantal cadet publié dans : Souvenirs, souvenirs...
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Il va bien falloir que je me fasse une raison. Ma carrière d'hôtesse de l'air est foutue. Adieu pilotes et septième ciel. Tout ça à cause d'un aspirateur. Le destin est parfois bien cruel. Note, j'ai peut-être une chance de me faire embaucher chez Herta... et peut-être même que je croiserai une grande saucisse... et là, là... oui, là... voilà, quoi.

Bref.

Aujourd'hui mes p'tits loups, nous allons causer frous-frous. Il y a quelques temps déjà, dans une autre vie, un homme, oui, un vrai, pas tatoué mais musclé comme il faut là où il faut que ça m'en fait des frissons tout partout rien que de vous en parler et que peut-être d'ailleurs là tout de suite je vais avoir comme qui dirait... heu... une course à faire...

Voilà. C'est fait. Excusez l'interruption.

Donc, un homme. Alors que ce n'était même pas mon anniversaire, ni même la Ste Frida, voire encore moins Noël, un homme, arghhhhhhhh, chienne de vie, un homme disais-je donc, m'a offert un cadeau. Oui. A moi. Dans une boîte le cadeau. Une boîte rose. Avec des rubans. Elle était méga belle la boîte. J'aurais dû la garder. Les rubans aussi, ils étaient beaux.

L'homme, il m'a tendu la boîte avec les rubans. J'ai fait "ohhhhhh", j'ai fait "ahhhhhh", j'ai fait un sourire. Et j'ai dit "mais quoi c'est-y qu'il y a dans cette jolie boîte toute enrubannée". Et j'ai saisi la boîte. Je l'ai regardée. La boîte. L'homme aussi. Et je l'ai secouée. La boîte.

Je vous ai parlé du sac ? Nan, mais parce que la boîte, elle était dans un sac... blanc. Mais pas un blanc mat, hein, nan, un blanc qui brille que presque tu peux te voir dedans. Attention, j'ai dit presque. Sur le sac, y'avait écrit DARJEELING. J'ai cru qu'il m'offrait du thé.

Là je sens bien que le suspens est à son comble et que limite je vous entends penser "mais elle va l'ouvrir sa boîte la Frida, oui, qu'on n'en parle plus...". Et là moi je réponds "eh, oh, c'est ma boîte, je l'ouvre quand je veux". Nan, mais oh... 

Là, voilà. Vous avez compris pourquoi je n'étais pas pressée de l'ouvrir cette boîte, moi ?!. Le thé, je n'aime pas. Y'aurait eu écrit TONIMALT sur le sac, même pas je les remarquais les rubans, mais là, forcément...

En même temps, cet homme-là, il avait l'air tellement content du cadeau qu'il m'offrait qu'il allait bien falloir que je me décide à l'ouvrir cette boîte. Alors je me suis décidée. 

Mais avant je suis allée boire un verre d'eau. Du robinet. L'eau. Un verre d'eau du robinet. Quoi ? J'avais soif. C'est mon droit, nan ?!. Les verres ils étaient dans un placard, à droite de la plaque de cuisson je crois, je ne me rappelle plus trop. Argh, peut-être à gauche. C'est dur de vieillir.

Nan, c'est vrai, parce que quand on vieillit, la mémoire, elle fiche le camp. C'est fou. Par contre le paquet, je me rappelle, il était posé sur la table de la salle à manger. En bois. La table. Nan, mais parce qu'aller boire un verre d'eau du robinet avec un paquet enrubanné dans les mains, ce n'est pas pratique. C'est pour ça que je l'avais posé sur la table... de la salle à manger... en bois... la table. 

C'est le paquet que j'avais posé sur la table. Je dis ça, c'est au cas où vous n'arriveriez plus à suivre... moi là, d'ailleurs, je sens que je commence à m'y perdre aussi un peu et que peut-être il est temps que je l'ouvre ce paquet. D'ici que je l'oublie en cours de route... avec mes problèmes de mémoire...

Alors je l'ai ouvert. Le paquet. J'ai fait "ohhhhhh", j'ai fait "ahhhhhh", j'ai fait un sourire... et dans ma tête je me suis dit "aie, aie, aie". Ce n'était pas du thé. Ce n'était pas non plus une serpillière. C'était du frou-frou en résille saumon, taille cinq ans, que jamais je n'allais pouvoir rentrer un orteil là-dedans, encore moins un corps tout entier.

Que l'homme, il me voyait avec des yeux de l'amour, et que mon miroir, il me voyait avec des yeux de peau de vache, et que la réalité, c'est plus une peau de vache que de l'amour. Taing... j'étais mal... il était beau ce frou-frou résille saumon... mais allais-je prendre le risque d'une asphyxie mortelle, et d'un ridicule certain...

Vous le saurez demain en lisant frou-frou 2, le retour. Là, Frida, elle a un déjeuner en extérieur, que ça ne va pas l'aider pour rentrer dans le frou-frou, c'est moi qui vous le dis.

Ci-dessous, la photo du frou-frou. Ne me remerciez pas, c'est normal. Le rendu est mauvais, mais n'oubliez pas que je suis nulle en photo.
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Copyright Chantal CADET 2008


Ce matin c'est Big Face. Encore un groupe anglais.

BIG FACE - I wanna Be A Style Crusader

par chantal cadet publié dans : Souvenirs, souvenirs...
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C'était un lundi. C'était il y a vingt ans. C'était hier. 

Tu étais bleu, pourtant dans la famille, je n'avais jamais entendu dire qu'il y avait eu des schtroumpfs auparavant. Tu aurais pu naître vert ou orange, tu aurais quand-même été le plus beau de tous les bébés du monde. A rayures aussi. Ca m'aurait inquiétée, c'est sûr, mais j'aurais fait avec.

Alors on t'a mis dans une boîte chauffante appelée couveuse. A un moment donné elle s'est mise à sonner et ton père est parti en courant dans les couloirs en criant "ils vont me le faire cuire, ils vont me le faire cuire". Tu t'en es sorti et ton père s'est ridiculisé.

Ta grand-mère, Mamo, est tombée dans les pommes quand elle t'a vu arriver. Elle voulait absolument être là. Pour le coup, je ne suis pas certaine qu'elle se rappelle de grand chose... en même temps elle ne s'est jamais vraiment remise de ce malaise, il n'y a qu'à la regarder devant son ordinateur.

Ton grand-père, Papou, est parti t'acheter le plus beau et le plus cher couffin de toute la ville. C'est celui qui a aussi bercé le sommeil de ta soeur et de ton frère, après avoir bercé le tien. J'espère que c'est aussi celui qui bercera le sommeil de tes enfants. Juste s'il te plaît, si tu pouvais attendre encore un peu... genre une dizaine d'années... j'ai fait l'expérience d'être une très jeune maman, c'est chouette, mais je n'ai pas envie de faire l'expérience d'être une très jeune grand-mère. Merci.

Ton autre gand-père, Papy, a pris sa voiture immédiatement et fait tout plein de kilomètres pour venir voir son "héritier" comme il disait , m'apportant une magnifique bague et le premier maxi-cosy qui venait tout juste de sortir. Ce jour-là, il s'est mis à dos ta grand-mère, Mamy, qu'il avait omis d'emmener avec lui. Des fois on oublie des trucs...

Ton parrain a compté tes doigts et tes orteils minutieusement parce qu'il avait peur que j'en aie oublié un ou deux... comme tu peux le voir, il a toujours été étrange.

Ta marraine a réussi à injurier ton grand-père Papou pour une sombre histoire de concierge... et bien oui, elle aussi a toujours été bizarre.

Ton prénom... évidemment, moi je voulais un prénom composé, c'est une tradition en Corse, pour les garçons. Pour Charles, ton père et moi, on était à peu près d'accord. Pour le deuxième prénom, c'était un peu plus compliqué. Moi je voulais Adrien. Lui Olivier, comme son oncle.

Tu t'es appelé Charles-Adrien pendant quelques heures... c'est la raison pour laquelle ce prénom est encore noté sur ton carnet de santé.  Ensuite ça s'est corsé. Ton père a réclamé un tirage au sort avec petits papiers pliés en quatre dans un chapeau. Ne me demande pas d'où sortait le chapeau, avec tous les tarés qu'il y avait dans la pièce à ce moment-là, je t'avoue ne plus savoir à qui l'attribuer.

C'est Olivier qui a été tiré au sort. Ton père m'a avoué plus tard qu'il y avait eu tricherie. Voilà, maintenant, tu sais à qui te plaindre.

Pour t'endormir, le soir, je te chantais "À la fiera di San Francè m'aghju cumpratu una sumera, Ih ! Anh ! Una sumera !" et tu adorais ça. Si tu as des facilités en langue aujourd'hui, tu sais qui remercier. Et n'oublie pas que ta mère adore les gadgets... nan, ça c'est au cas où tu hésiterais pour le cadeau de remerciement.

Tu étais un bébé voyageur. Je te collais sur mon ventre et je te faisais faire des kilomètres.
Tu as pris l'avion pour la première fois à sept jours. Ton arrière grand-mère attendait avec impatience de faire ta connaissance. Tout le staff de l'avion a défilé pour te regarder, tu étais tellement minuscule. Ensuite nous sommes allés voir ton autre arrière grand-mère... et puis les grands-tantes et puis tous les autres... et la tantina de Burgos, ouais la famille des fois, hein...

Mais personne n'avait le droit de te toucher. J'étais pire qu'une tigresse. Ceux qui s'y sont risqués ont malheureusement tous mystérieusement disparu.

Tu as pris ta première cuite le jour de ton baptême, tu avais huit mois. Je n'ai jamais chopé les crétins qui avaient décrété que tu devais goûter le champagne mais la vengeance est un plat qui se mange froid. Il faut dire qu'il y avait trois cent cinquante personnes. 

On avait fait un méchoui géant. Papou et les jumeaux avaient coursé le veau et Toussaint en avait surveillé la cuisson toute la journée... tu vois qui c'est Toussaint, hein ?!. Celui que tu as failli tuer en lui envoyant un oeuf sur la tête de la terrasse de Mamo... ce qui t'a obligé à raser les murs jusqu'à la fin de tes vacances, il y a quatre ans.

On a dansé jusqu'à quatre heures du matin, ensuite on a viré les gens, il ne faut pas non plus déconner, on avait plage le lendemain.

Je t'épargne le reste de ta vie, tu la connais par coeur, n'empêche, moi je dis qu'avec toutes ces histoires, tu t'en es bien tiré.

JOYEUX ANNIVERSAIRE MON CHERI


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Ce soir un titre d'Arkol spécialement pour Charles-Olivier. 

Arkol - Vingt Ans

 

par chantal cadet publié dans : Souvenirs, souvenirs...
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J'étais fan. Quand je suis arrivée à Mayotte en 1984, le disque des Rita Mitsouko est le seul disque que j'avais apporté avec moi et grâce à lui j'ai eu mes entrées au Ninga Club, la seule boîte de la petite île à l'époque... j'avais négocié le droit d'entrée en leur refilant une copie cassette de mon disque. J'étais mineur et je n'avais pas le droit de sortir, mais tous les soirs je dansais sur Marcia Baila jusqu'à pas d'heure. Mais parents ne l'ont jamais su.

 

Rita Mitsouko - hommage à Fred Chichin

 

Les Rita Mitsouko - Marcia Baila

 


Les Rita Mitsouko "Même Si"
par chantal cadet publié dans : Souvenirs, souvenirs...
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Mes posts sont un peu bâclés en ce moment mais je n'ai pas beaucoup de temps pour tapoter sur mon ordinateur... Alors je fais rapide.

Je ne sais pas vous, mais moi mes gosses, ils ont des dents !! Enfin, y'en a un, là, je me demande bien s'il lui en reste encore quelques-unes dans la bouche, parce que la petite souris cette semaine, ça fait trois fois qu'elle passe... et moi je dis qu'à ce train là, mon troll, il va finir édenté... et moi ruinée.

Mais il est où le mec qui a eu l'idée de la petite souris ? Il est où cet enfoiré ? Nan, mais parce que ce n'est pas lui qui se lève la nuit pour aller mettre des sous sous l'oreiller de mon troll, qu'une fois sur deux je ne trouve pas la dent "arghhhh, elle est oùùùùùùùùù, mais elle est oùùùùùùùùù", qu'une fois sur deux, je réveille mon troll "mais tu fais quoooiiii maman, pourquoi tu me réveilllllllleeeeeuuuuuu?" "c'est pas moi, dors, tu rêves"...

Et encore ça, c'est quand je n'oublie pas... ben ouais, parce que des fois j'oublie... 
Troll - Mammmmannnnnnn, elle n'est pas passée, elle n'est pas passée
Moi - Ben qui ? 
Troll - La souris, maman, elle n'est pas venue.
Moi - Merdeuuuuu !! 
Et là pour arranger le coup et bien je te prie de croire que ce n'est pas simple.

Qu'on me l'amène à moi le gars qui a eu l'idée de la souris !! Je suis sûre qu'il n'avait même pas de gosses lui. Je vais lui expliquer comme c'est sympa d'aller récupérer la dent du troll dans le carambar au coca (hier soir).
Troll - Et je mets aussi le carambar sous mon oreiller puisque la dent, elle est restée dedans ? 
Moi - Nan !! Je vais enlever la dent du carambar, beurk, beurk, beurk
Troll - Alors, tu me rends mon carambar après. 
Moi - Nan, le carambar je le jette.
Troll - Mais non, il est à moi. En plus il est encore tout neuf...
Moi - Je le jette.
Troll - Tu n'es pas cool comme mère.
La fois d'avant c'était dans un Springles... génial... je n'ai pas été cool non plus.

Mon ado préférée, sa spécialité à elle, c'était de perdre ses dents sans les perdre. La dernière, elle mangeait un Babybel, elle croque dans son fromage, la dent reste dedans, le temps qu'elle réagisse le troll qui chahutait avec elle à ce moment-là lui pique son fromage et l'avale (véridique)... 

Ouais ben là, je ne suis pas allée la chercher sa dent, hein !! J'avais à gérer une ado en colère qui n'avait plus de dent et un troll désespéré qui était persuadé que sa dernière heure avait sonné... Surtout que l'ado n'arrêtait pas de lui dire que la souris lui ouvrirait le ventre pour récupérer sa dent...

La fois d'avant, mon ado avait une dent qui bougeait, prête à tomber, idem, elle chahute avec ses frères, se donne un coup sur la bouche et la dent est remontée directe dans la gencive. Et le seul truc qu'elle trouve à dire c'est "je ne vais pas avoir de sous, mamaaannnnnn". 

Et mon poussin, nan, mais parce que moi je les cumule, son truc à lui c'était de revendre ses dents aux copains. Par deux fois vers huit ans, la petite souris passe, lui met une pièce et range la dent dans la boîte à dents. Un jour "ménage", j'ouvre la boîte et il n'y avait plus de dents à l'intérieur... j'appelle mon poussin, je fais le point et il m'avoue alors qu'il a refilé ses dents à des copains qui les mettent sous leur oreiller, et qu'il prend cinquante pour cent sur ce que la souris a laissé.

A son époque, une dent devait me coûter cinq francs. Avec le troll, c'est 100 SEK, soit environ dix euros. Je te le dis, il a intérêt à courir vite ce gars...


Ce matin c'est Dalida.


Dalida - Il venait d'avoir 18 ans

par chantal cadet publié dans : Souvenirs, souvenirs...
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Chaque mois, le même jour, à la même heure, plusieurs blogueurs écrivent sur un sujet commun. Ce mois-ci le sujet est "les fous du volant"... Je vous encourage à aller rendre une visite à 
Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigénia, Julien, Isabelle, Christophe, Hibiscus, Alcib, Fred, Anne, Hpy, Joël, Loïc & Hyun-Jung, Marie, Looange, V à l'ouest, et Froggie  qui sont aussi des fous du volant et qui vous ont concocté un petit texte très sympathique... Allez zou, dépêchez vous d'aller vous régaler avec leurs bafouilles !!!


Moi, il y a une chose qui me rend dingue en voiture... c'est d'avoir près de moi quelqu'un qui passe son temps à me dire quelle vitesse je dois passer, à quelle distance du véhicule qui me précède je dois me trouver etc, bref qui me dit comment je dois conduire... Au bout de cinq minutes, je disjoncte...


Lui - Tu sais qu'il y a cinq vitesses sur cette voiture ?
Elle - On n'arrête pas le progrès... évidemment que je le sais...
Lui - Alors pourquoi est-ce que tu roules en troisième depuis que nous sommes partis ?
Elle - Qui c'est qui conduit ?
Lui - Toi... parce que si c'était moi, on roulerait en cinquième et nous ne serions pas passés par là...
Elle - Ah ouais, et tu serais passé par où gros malin ?
Lui - Par le bd Foch... c'est beaucoup plus rapide...
Elle - Et pourquoi tu ne me l'as pas dit avant ?
Lui - Parce que c'est toi qui conduis...
Elle - Ben ouais, c'est moi, alors je roule en troisième et je passe par Gambetta...

Un ange passe, mais décide de ne pas s'attarder.

Lui - Tu colles, là...
Elle - Nan, je ne colle pas...
Lui - Tu arrives à lire ce qu'il y a d'écrit sur son pare-brise arrière ?
Elle - Evidemment, je ne suis pas miro !!
Lui - Donc tu colles...
Elle - J'ai 10/10 aux deux yeux, je peux lire n'importe quoi à deux cents mètres moi môssieur, contrairement à toi avec tes yeux de vieux !!
Lui - Ah ouais, et qu'est ce qu'il y a d'écrit là-bas ?
Elle - Ben... j'en sais rien, c'est trop loin...
Lui - Deux cents mètres hein ?!.
Elle - Crétin !!
Lui - Idiote !!

L'ange qui repassait à tout hasard trouve que le hasard ne fait pas bien les choses aujourd'hui... mais il décide de rester...

Lui - Hey, mais qu'est ce que tu fais ?
Elle - Je conduis.
Lui - Oui, et bien, beaucoup trop vite.
Elle - Cent dix, ce n'est pas trop vite, c'est normal !!
Lui - Par sur une route limitée à quatre vingt dix !!
Elle - Je suis pressée.
Lui - Arrête de slalomer !! Tu es folle ou quoi ?!.
Elle - Complètement folle... de te supporter depuis aussi longtemps.
Lui - Mais tu es malade, freine, FREI-NEUUUUUU !!
Elle - Ma mère m'avait dit que tu étais trop vieux pour moi...
Lui - AT-TEN-TION le camion, là, là, LAAAAAA !!
Elle - En plus tu ronfles... et tu passes deux heures dans la salle de bain...
Lui - Ca ne va pas PAS-SEEEEEEEEER... Arrête la voiture...
Elle - Et ton rire... on dirait une hyène...

L'ange est inquiet... il décide de mettre sa ceinture de sécurité...

Lui - Tu te calmes, hein... tu ralentis et tu te calmes... et tu passes la cinquième...
Elle - Je me demande bien ce que j'ai pu te trouver ?!.
Lui - Laisse-moi descendre !!
Elle - Et ce bermuda vert que tu traînes depuis le début de l'été...
Lui - Passe la cinquième... Et laisse moi descendre !!
Elle - Lâche ce levier de vitesses !!
Lui - Freine, FREI-NE !!
Elle - LA-CHE-LE ou je te tape !!
Lui - Ah ouais, je voudrais bien voir ça !!
---------------------
Lui - Mais tu es folle, hein, complètement folle !!
Elle - Je t'avais prévenu !!

L'ange pense qu'il a bien fait de mettre sa ceinture de sécurité...

Lui - Bon maintenant tu t'arrêtes, j'exige de pouvoir descendre !!
Elle - Très bien !!
Lui - Mais tu es barge ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Elle - Et bien voilà, j'ai freiné et tu descends.
Lui - Tu as PI-LE AU MI-LIEU de la route !! Ce n'est pas FREI-NER ça !!
Elle - On ne va pas chipoter sur des mots hein ?!. Casse-toi !!
Lui - Tu ne vas pas me laisser LA ??
Elle - Tu voulais descendre, tu descends !!

L'ange se demande s'il doit descendre lui aussi... ou pas...

Lui - Trop vieux, hein...
Elle - Descends !!
Lui - Toi tu as oublié de grandir.
Elle - Si tu ne descends pas de ma voiture, je hurle !!

L'ange se dit qu'il va peut-être descendre lui-aussi finalement... il se rappelle qu'il a un rendez-vous quelque part...

Elle - HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!
Lui - Mais ça ne va pas hein ????????
Elle - Je t'avais prévenu !!
Lui - Je descends... Tarée !!
Elle - Pauvre mec !!
Lui - Passe la cinquième.
Elle - HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!

Il est descendu. L'ange aussi. Et nous nous sommes séparés juste après cette histoire... nan, pas l'ange et moi... Pffffffff !!

Toute ressemblance avec des personnes connues bla bla bla bla bla n'est nullement fortuite...

Copyright Chantal CADET 2007


Aujourd'hui, une vidéo des "têtes à claques", c'est une série québécoise que j'aime beaucoup.


Les têtes à claques : On accouche

par chantal cadet publié dans : Souvenirs, souvenirs...
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Evidemment l’insistance qu’il avait mise à vouloir absolument emporter avec lui ces deux paires de bottes en caoutchouc vert m'avait tout de suite paru étrange. Corté, surtout au mois d’août, n’était pas réputée pour ses pluies diluviennes et quand bien même un peu de pluie serait tombée, nos chaussures de sport combinées à un grand parapluie auraient probablement été suffisants pour éviter toute humidité.

 

Mais je n’avais pas voulu faire d’histoire. Depuis quelques jours, je le sentais nerveux, anxieux et un peu distant et je n’avais pas voulu provoquer un clash juste avant notre départ pour la Corse d’autant plus que c’est lui qui avait tout organisé… ‘’Une surprise pour ton anniversaire’’ avait-il dit tout fier de lui.

 

Alors je l’avais laissé se démener tout seul avec ses paires de bottes qui refusaient de rentrer dans sa valise déjà bien remplie et je m'étais juste occupée de commander le taxi qui devaient nous emmener à l’aéroport. Quand le taxi s’était présenté à l’heure prévue, il avait descendu les valises en maugréant qu’on n’avait pas idée de se charger autant pour seulement dix jours et je n’avais pas pu m’empêcher de lui parler des bottes inutiles... Ce à quoi il avait répondu que pour les marécages, c’était l’idéal…

 

Des marécages ??? Surprise, j'avais pris place à l’arrière du taxi et j'avais attendu que le véhicule démarre pour interroger Léonard sur la présence de marécages à Corté. Un peu gêné, il m'avait avoué qu’il avait préféré louer une maison un peu à l’écart de la ville pour être plus tranquille et passer du temps en tête à tête avec moi… Mais qu’avec la voiture de location qui nous attendait à l’aéroport de Bastia, nous pourrions nous déplacer sans aucun problème.

 

Après un voyage sans histoire et une arrivée en douceur sur l’île de beauté, nous nous sommes dirigés vers le comptoir de location de voitures et le gars de Hertz nous a remis  les clefs d’une spacieuse berline dont Léonard a immédiatement pris le volant.

 

La canicule qui régnait à l’extérieur nous a obligé à allumer la climatisation, et sous la fraîcheur bienfaitrice qui m’enveloppait, je me suis assoupie sans m’en apercevoir.

 

C’est sa voix qui m'a réveillée quelques quatre heures plus tard ‘Chantal, Chantal, nous sommes arrivés !’’ J'ai sursauté, eu un geste de mauvaise humeur, puis j'ai regardé l’heure sans comprendre… ‘’Je t’ai laissée dormir, tu paraissais si fatiguée. J’en ai profité pour nous installer… J’ai défait les valises, fais les lits, branché le frigo et j’ai pensé qu’on pourrait aller se balader près des marécages là bas pour aller voir les oiseaux… Tiens regarde, c’est du 39, ta pointure…’’ Léonard était déjà chaussé de grandes bottes montantes en caoutchouc verdâtre et il me tendait en souriant une paire similaire à la sienne.

 

C’est à ce moment là que j'ai commencé à penser que quelque chose clochait… D’abord, il m'avait dit qu’il emmenait des bottes pour des balades sous la pluie en Corse au mois d’août…. Puis il m’avait laissée dormir quatre heures dans la voiture, au bout desquelles, alors que j'ouvrais à peine les yeux, il me proposait d’aller observer de stupides volatiles près de terrains marécageux, lui qui n’aimait ni les oiseaux, ni l’eau boueuse…

 

Je ne suis pas du style à m’affoler mais tout cela m'a mise mal à l’aise… Je me suis alors remémorée quelques petits détails qui auraient dû me mettre la puce à l’oreille… Tous ces coups de téléphones bizarres qu’il passait dans la chambre en baissant la voix et en me disant que c’était des collègues… Ces retours de plus en plus tardifs du bureau, et puis ce petit carnet orange qu’il conservait précieusement dans son pilote case fermé à clef… Ca sentait la maîtresse à plein nez… Le coup fourré… Voire, le meurtre…

 

Il allair falloir que je gagne du temps… Que je trouve un moyen pour m’enfuir…

Moi -  Donne moi deux secondes, je vais me rafraîchir dans la maison et je suis à toi...
Lui -   Non non, pas le temps, toutes les espèces intéressantes vont s’envoler, regarde la nuit tombe déjà, et puis laisse ton sac ici, tu n’en as pas besoin pour te balader !! 

Il m'a saisi le bras...
Moi - Alors, laisse moi au moins utiliser le brumisateur qui est dedans, j’ai vraiment très chaud... Ensuite je mettrai mes bottes.
Lui -   Ok, je te laisse deux minutes et ensuite il faut y aller !!

 

Puis il s’est éloigné de quelques pas sans trop me quitter des yeux. J'en en ai profité pour saisir dans mon sac le petit couteau suisse que mon frère Patrick m'a rapporté de Genève et que je garde toujours sur elle. Si je dois mourir, ce ne sera pas sans combattre… Puis j'ai enfilé mes bottes sous le regard impatient de Léonard. J'ai pensé à Charles et à Aurélie son amie à qui j'avais proposé de venir en Corse avec nous mais qui avaient décliné l’invitation… Et puis à Hervé, un autre copain que j'adore et qui lui aussi n’avait pas souhaité se joindre à nous. Peut-être ne les reverrai-je jamais.

 

’Alors, tu viens Chantal, il faut vraiment y aller maintenant !’’ Alors je me suis décidée à quitter l’habitacle réconfortant du véhicule, et à rejoindre Léonard fébrile et impatient, qui me tendait une main que j'ai déclinée, préférant garder les miennes dans les poches de mon pantalon treillis dans lequel j'avais dissimulé mon couteau.

 

Nous nous sommes dirigés vers ces fameux marécages, invisibles pour l’instant, lui marchant devant, moi trottinant silencieusement deux pas derrière, prête à bondir au cas où il aurait eu un geste malheureux. ‘’Regarde là, un couple de faisans…’’ Moi, figée, la main droite moite et crispée sur mon couteau guettant avec angoisse le moment où fatalement il allait bondir. Et toujours pas de marécages malgré une heure et demi de marche et la nuit quasiment tombée.

 

Et puis soudain, Léonard s'estt arrêté devant un petit pont de bois qui surplombait la Restonica et il m'a demandé de passer la première. Sujette au vertige, j'ai tout de suite compris que c’était là que l’affrontement aurait lieu.

 

J'ai fait semblant d’accepter de passer devant, et puis je lui ai fait brusquement face en sortant mon couteau de ma poche et je me suis mise à hurler ‘’si tu approches, je te tue !’’…. Sous le regard effaré de Léonard….

 

C’est ce moment là qu’ont choisi Charles, Aurélie, Hervé et tous les autres pour jaillir des buissons, de l’autre côté du pont, et crier ‘’Joyeux anniversaire Chantal’’. La seule chose que j'ai réussi à dire c'est ’’ je n’aime pas les surprises’’, en rangeant au fond de ma poche mon petit couteau suisse.

Des fois, je me fais des films...

Copyright Chantal CADET 2007


Ce matin c'est Bourvil.


La Tactique Du Gendarme

par chantal cadet publié dans : Souvenirs, souvenirs...
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Quand Chantal a ouvert la boite à lettres et qu’elle a vu cette longue enveloppe bleue matelassée, garnie de timbres italiens, elle a d’abord eu un mouvement de recul effrayé, puis s’est dit qu’on ne pouvait pas revivre deux fois le même cauchemar, que c’était sûrement une erreur…

 

Et pourtant tout avait bien commencé. ’Toscane. Loue vaste maison agréable dans grand jardin clos avec piscine. Trois cents euros la semaine’’ disait l’annonce... Exactement ce qu’il leur fallait ! Chantal, sans hésiter une minute, avait saisi son téléphone et composé avec enthousiasme le numéro du portable indiqué sur le journal. L’homme au bout du fil l’avait tout de suite mise à l’aise « appelez-moi Paolo », lui avait-il dit avec un accent sentant bon le sud de l’Italie. 

Puis il lui avait dit que c’était la maison de sa sœur et que cette année, elle venait le voir en France et que pour ne pas laisser la maison vide elle cherchait une gentille famille pour l’habiter pendant son absence, et que Chantal et D. avec leurs trois enfants et leur berger des pyrénées correspondaient parfaitement au profil souhaité. Quatre semaines au mois d’août ? Alors là, ça tombait vraiment bien car c’est justement au mois d’août que Francesca, sa sœur, venait le voir.

 

Devant tant d’amabilité Chantal ne s’était pas faite prier pour payer la caution, deux mille euros à cause des meubles de grande valeur ayant appartenu aux grands-parents, par mandat cash, somme qui lui serait restituée après état des lieux dès leur départ si rien n’avait été abîmé. De même que les six cent euros d’arrhes, toujours par mandat cash, car impossible pour sa sœur d’encaisser dans une banque italienne un chèque émis en France. Evidement, elle recevrait par retour courrier la clé de la maison ainsi qu’un plan d’accès pour s’y rendre. Affaire conclue, la maison serait pour eux…

 

Elle avait filé à la banque retirer la somme de leur codevi, puis à la poste pour expédier l’argent. Quelle belle surprise pour son mari !

 

De retour à la maison, elle avait téléphoné à D. pour lui annoncer la bonne nouvelle « Cet été, chéri, pour nos quinze ans de mariage, je nous fais un cadeau somptueux ; un mois en Toscane dans une maison de rêve avec les enfants. Tu n’as à t’occuper de rien, tout est déjà payé. »

 

Il n’a pas sauté de joie comme elle l’espérait. Il s’est même mis à hurler qu’elle aurait dû lui en parler avant, que lui ce qu’il voulait comme cadeau, c’était une nouvelle paire de ski, que la Corse chez ses parents comme tous les ans, c’était très bien et bien plus économique, qu’on n’envoie pas deux mille six cent euros par mandat cash à un inconnu sans avoir vu de photos de la maison, qu’elle ne recevrait jamais de clé et que c’était sûrement une arnaque.

 

Elle avait raccroché brutalement. « Abruti ! Abruti ! Abruti ! » J’ai épousé un abruti avait-elle pensé avec rage. Qu’il aille, lui, en Corse chez ses parents dans la maison trop petite sans jardin ni piscine… Qu’il supporte, lui, la famille envahissante et les cousins bruyants… Elle, de toute façon, irait en Toscane avec les enfants et le chien…

 

Ils s’étaient fait la gueule pendant treize jours, en fait jusqu’à ce qu’elle reçoive la clé et le plan dans une grande enveloppe bulle de couleur bleue avec un petit mot de Paolo s’excusant pour le retard. Elle avait modestement savouré son triomphe et D., beau joueur, lui avait ramené ce soir là un beau dictionnaire franco italien ainsi qu’un magnifique bouquet de fleur.

 

Toute la famille avait alors compté les jours qui les séparaient de leur départ en vacances, s’entraînant à prononcer avec l’accent italien les mots indispensables à leur séjour toscan ‘ciao’, ‘buongiorno’, ‘mangiare’, ‘chiantti’ …

 

Le trente juillet au soir, ils avaient joyeusement chargé la voiture. Puis ils étaient partis, le trente et un à l’aube, chantant à tue-tête ‘‘Il était un petit navire’’. Une pause sandwich, deux pauses pipi et plusieurs heures plus tard, ils arrivaient à Sienne ‘Il entreprit un long voyage ohé, ohé’’.

 

Chantal avait alors sorti le plan de Paolo et ils avaient pris le chemin de terre à la sortie de la ville… pour arriver au bout de quarante cinq minutes de gymkhana devant une vieille église en ruine près de laquelle se trouvait un petit bassin vide rempli de détritus. Une dizaine de voitures se trouvait là, toutes françaises. Certains de leurs occupants étaient descendus de leurs véhicules et comparaient avec effarement les plans qu’ils tenaient dans les mains. ‘’Le sort tomba sur le plus jeune, ohé, ohé’’……

 

Finalement, il a fait très beau en Corse cette année là. Les enfants habituellement si turbulents ont été particulièrement calmes… Il faut dire que D. a été très calme aussi et ne lui a presque pas reparlé des deux mille six cents euros.

 

Alors cette année, quand elle a vu l’annonce pour l’Espagne, elle a d’abord demandé les photos de la maison, et la piscine est encore plus grande que ce que lui avait dit Pablo, le gentil monsieur à l’accent qui sent bon le sud de l’Espagne. L’argent pour la caution est parti aujourd’hui.  Les clés arriveront par retour courrier. D. va être ravi.

 

Elle regarde à nouveau l’enveloppe à bulles bleue qu’elle  tient entre ses mains,  Mme TRUCHON Bernadette, 10, Impasse de la renardière. Avec un soupir satisfait, elle se dirige vers la maison voisine pour aller mettre le courrier dans la boite à lettres.

 

Copyright Chantal CADET 2007


Ce soir c'est Luke.

Luke - La terre ferme

par chantal cadet publié dans : Souvenirs, souvenirs...
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Maman aime les figues et moi, j'aime Maman... Quel rapport me direz-vous ?? Et bien aucun !!! D'autant plus que ce soir j'ai décidé de vous parler de Marie-Augustine... Nan, nan, nan, pas d'apéro aujourd'hui !!! Et bien ça faisait longtemps que je ne vous avais pas fait une intro aussi peu claire...

Alors, ce soir j'évite les digressions et je rentre dans le vif du sujet tout de suite... On a dit post court, minceuuuuu !! Je suis sûre que je vais finir par y arriver !!! Alors Marie-Augustine... Des bottes en caoutchouc quelle que soit la saison, une blouse en permanence de couleur plutôt sombre toujours boutonnée devant... 

Dessous une combinaison bleu marine... Et dessous... Heu... Ben j'sais pas trop !!! Eh, oh, c'est pas un blog porno ici !! Et en plus, on s'en moque un peu... Célibataire endurcie, ronchon, édentée, ne se lavant que rarement pour économiser l'eau, dormant sur une paillasse dans une sorte de grenier insalubre pour ne pas "user", alors qu'elle possède une maison spacieuse et confortable... 

Bon bref, son look un peu particulier et son caractère... Heu... Ben un peu particulier aussi ont fait que les enfants du village se sont quelques fois amusés à ses dépens... Sauf que la bougresse, institutrice à la retraite ne s'en laisse pas facilement compter !!!En face de chez elle, un vieux four à pain à l'abandon... 

Depuis quelques soirs, le nouveau jeu des garnements consistait à écrire des lettres énamourées à Marie-Augustine, lettres signées chaque soir d'un prénom masculin différent laissant supposé que la gente masculine du village avait enfin succombé aux charmes cachés de la Marie... Le jeu consistait ensuite à désigner un volontaire chargé de glisser la missive sous la porte de Marie-Augustine, de taper ensuite à ladite porte pendant que toute la bande filait se cacher dans le vieux four en face de chez elle...

La vieille sortait alors en vociférant des insultes en corse, la canne dressée et en promettant les pires sévices à toute la bande... 

Un soir comme un autre, Stéphane est désigné volontaire d'office pour glisser la lettre sous la porte... Pendant que les gamins filent en courant vers le four, Stéphane attend que la Marie réagisse pour rejoindre ses copains... Au moment où les garnements s'engouffrent en riant dans le four, une silhouette sinistre surgit du fond de celui-ci en hurlant, la canne à bout de bras, distribuant deci delà, quelques coups bien sentis...

Evidemment c'est la débandade !! Sauf que Stéphane n'a pas compris exactement ce qui est en train de se passer et qu'en entendant les hurlements de ses copains affolés, il ne trouve rien de mieux que de se précipiter à son tour vers le four... Je vous laisse imaginer l'accueil chaleureux que lui a réservé Marie-Augustine...

Outre le fait que Stéphane a eu un peu de mal à expliquer à ses parents pour quelle raison il rentrait chez lui dans un état... Heu... Un état... Heu... Oulah, un sale état, il a ensuite été condamné à raser les murs du village car il était terrorisé à l'idée que la Marie lui tombe dessus... 

Et dans un village aussi petit que le mien, je peux vous assurer que ça n'a pas été simple...

Copyright Chantal CADET 2007


Ce soir Moby.

Moby - We Are All Made Of Stars

par chantal cadet publié dans : Souvenirs, souvenirs...
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