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Suite du post d'hier

J'avais donc rendez-vous chez le coiffeur hier, à treize heures trente. Une expatriée française, que Dieu lui accorde richesse et amour jusqu'à la fin de ses jours, m'avait donné cette adresse, en m'assurant que c'était le must en matière de salon de coiffure.

Ca y est, tout le monde est bien installé devant son écran d'ordinateur ???? Maman, tu es bien assise ???? Vous êtes tous prêts ???? Bon, le verre d'eau et le petit pipi, c'est maintenant, parce qu'après, vous allez déranger tout le monde, et quand on est plongé dans un post passionnant, c'est toujours pénible de s'arrêter de lire à cause d'un inconscient qui n'aurait pas pris ses précautions... C'est bon ???? Vous êtes sûrs, hein ???? Allez je vous emmène chez le coiffeur avec moi !!!

13h24 : Je pousse courageusement la porte du salon de coiffure.

13h25 : Je suis devant le comptoir d'accueil.

13h30 : Je suis toujours devant le comptoir. Je prends l'air dégagé de celle qui n'en a rien à fiche de passer des heures devant le comptoir de la coiffeuse.

13h33 : Si dans une minute, personne ne vient, je décide que je casse tout et que je m'en vais.

13h34 : Je pense à mes cheveux blancs et je me dis que si je casse tout, la coiffeuse va être fâchée et que peut-être elle ne voudra plus s'occuper de moi.

13h35 : Je décide de me calmer et j'attaque la respiration dite du petit chien, que j'avais apprise lors d'un cours d'accouchement sans douleur.

13h37 : Une coiffeuse s'approche enfin de moi.

13h38 : Je lui adresse un sourire entre deux halètements.

13h39 : La coiffeuse me regarde bizarrement et me demande si tout va bien.

13h40 : Je m'aperçois que je halète toujours.

13h41 : Je cesse de haleter et je décline mon identité à la coiffeuse, qui s'est imperceptiblement éloignée de moi.

13h42 : La coiffeuse raye mon nom sur le carnet de rendez-vous et me demande d'aller m'asseoir sur le canapé en attendant qu'ON vienne me chercher.

13h43 : Je suis assise sur le canapé.

13h44: Je constate que tous les magasines sont en suédois et je décide de ne rien lire.

13h45 : Je me dis qu'il est encore temps de m'enfuir et que personne ne va s'en apercevoir.

13h47 : Je décide de recommencer la respiration dite du petit chien.

13h48 : Je me dis que je n'ai jamais vu de petit chien respirer comme ça, d'ailleurs je crois que je suis en train de m'étouffer, j'ai dû louper un halètement.

13h50 : ON se trouve devant moi. Elle me suggère d'enfiler une espèce de blouse en nylon bleu.

13h51 : La blouse en nylon est moche mais je décide de ne rien dire parce que je tiens à m'attirer les bonnes grâces de ON.

13h52 : ON m'a installée devant un miroir et me demande ce que lui vaut l'honneur de ma visite chez eux. (EH, oh, j'comprends l'anglais quand même !!!)

13h53 : J'entreprends de lui expliquer que je souhaite une couleur, mais que sur les cheveux blancs parce que ma couleur naturelle me convient.

13h55 : ON me dit que je n'ai quasiment pas de cheveux blancs.

13h56 : Je décide de me marier avec ON.

13h57 : ON me dit qu'il faut qu'elle trouve la bonne couleur parce que ma chevelure est composée de plusieurs couleurs, et ON m'annonce que ça ne va pas être simple.

13h58 : Je décide de ne plus épouser ON.

13h59 : ON s'éloigne de moi.

14h00 : Je jette un coup d'oeil dans le miroir devant moi et je décide que je veux m'enfuir.

14h02 : ON et une autre coiffeuse sont penchées sur mes cheveux et discutent en suédois.

14h04 : Je regrette de ne pas avoir pris suédois première langue au collège et je me dis que c'est quand même vachement plus utile que l'anglais.

14h06 : Le conciliabule est terminé. ON m'annonce qu'elle a peut-être trouvé la bonne couleur.

14h07 : J'attaque une prière destinée à tous les Dieux du "peut-être".

14h08 : Je me suis emmêlée dans les paroles de la prière, j'en suis sûre c'est un signe, je suis foutue.

14h11 : ON est près de moi avec une mixture de couleur indéfinissable.

14h12 : Je demande à ON si elle est certaine de ce qu'elle va faire et je me demande si ce n'est pas le bon moment pour lui annoncer que j'ai trois frères Corses, costauds et féroces.

14h13 : Je décide de ne rien dire à ON pour qu'elle ne tremble pas pendant qu'elle va s'occuper de moi.

14h14 : C'est moi qui tremble et pourtant ON ne m'a pas dit qu'elle avait des frères.

14H15 : Je propose à ON de changer de place avec moi pour d'abord tester la couleur sur sa tête histoire d'être sûre.

14h16 : ON me sourit en me disant qu'il faut que je me relaxe et que c'est normal d'avoir peur la première fois.

14h17 : ON me brosse les cheveux. Je ressemble à Whoopi Goldberg... En blanc.

14h19 : ON commence à me passer sa mixture sur les racines des cheveux. Je me dis que je ne peux plus fuir et je commence à avoir des regrets.

14h23 : Les yeux me brûlent et je suis en larme, ON m'annonce que je suis sensible aux produits utilisés.

14h24 : Je dis à ON que je savais que mes prières avaient foiré et ON me dit "sorry ???".

14h27 : ON vient de me tirer les cheveux.

14h28 : ON vient à nouveau de me tirer les cheveux. Je suis sûre qu'ON le fait exprès.

14h29 : Je décide que si ON recommence, je lui donne une claque.

14h35 : ON m'annonce qu'elle a terminé. Toutes mes racines sont enduite de produit blanchâtre. Je suis inquiète.

14h36 : Je remarque que mon front, mes tempes et un de mes sourcils sont constellés de tâches marrons foncées.

14h37 : Je fais remarquer à ON que je ne suis pas venue pour une teinture du visage et qu'il va falloir m'enlever toutes les tâches marrons dont je suis affublée.

14h38 : ON me dit que normalement avec la crème qu'elle est en train de passer dessus, ça devrait partir.

14h39 : Je n'aime pas la façon dont ON a dit normalement.

14h42 : ON me dit qu'elle va me laisser sous une source de chaleur pendant un quart d'heures et me demande si je veux boire quelque chose.

14h43 : Je dis à ON que je veux un gin fizz.

14h44 : ON me dit qu'il n'y a que du café et de l'eau.

14h45 : C'est certain, mes prières ont foiré. ON m'abandonne à mon triste sort, sous une sorte de robot brûlant.

14h47 : Dans le miroir face à moi, Enstein me regarde. Il a des tâches marrons sur le visage et il est vêtu d'une blouse ridicule.

14h48 : Je m'aperçois qu'Enstein, c'est moi.

14h51 : Enstein commence à transpirer.

14h54 : C'est certain, je vais mourir cramée sous le robot qui est beaucoup trop chaud. Et en plus, je viens de me rappeler que j'ai oublié de demander à ON si elle était daltonienne.

14h59 : Je décide de recommencer la respiration du petit chien.

15h00 : La sonnerie du robot vient de se déclencher.

15h03 : ON n'est toujours pas là. C'est sûr, je vais finir bariolée. Et brûlée.

15h04 : J'ai peur. Je ferme les yeux.

15h06 : ON me libère du robot. Elle me dit que la couleur est "very nice". Je crois que ON et moi, nous ne parlons pas le même anglais.

15h08 : ON est en train de me rincer les cheveux.

15h10 : ON entreprend un massage sur mon cuir chevelu.

15h12 : Je ferme les yeux. C'est bon.

15h14 : J'ai envie de dire des mots d'amour à ON.

15h16 : C'est décidé, j'épouse ON.

15h17 : J'veux plus qu'elle arrête.

15h18 : J'suis au bord de la jouissance.

15h19 : ARGHHHHHHHH !!! Elle vient d'arrêter.

15h22 : Je suis à nouveau assise devant le miroir.

15h23 : Toutes les tâches sur le visage ont disparu, sauf celle sur mon sourcil.

15h24 : Elle entreprend de me sécher les cheveux malgré le fait que j'essaye de lui expliquer que sur mes cheveux bouclés, le séchoir provoque des catastrophes.

15h28 : C'est une catastrophe.

15h29 : ON me dis que je suis "so nice".

15h30 : Je me dis que ON devrait faire de la politique.

15h31 : Je ressemble à nouveau à Whoopi Goldberg, mais après un tsunami. Toujours en blanc, sauf le sourcil droit.

15h33 : Je suis à la caisse.

15h34 : ON m'annonce que je lui dois neuf cents couronnes !!! Je me dis que ON est très taquine aujourd'hui.

15h35 : ON n'est pas taquine. Ca coûte bien neuf cents couronnes.

15h36 : Je viens de décider que je veux changer de métier. Dorénavant, je serai coiffeuse en Suède.

15h37 : Je quitte cet endroit de luxe au pas de course.

15h38 : Je rase les murs, parce que je suis certaine que tout le monde se demande pourquoi je ne suis pas à l'hôpital alors que vu l'état de mes cheveux, je viens d'échapper à une tornade.

Bon, la couleur, pas de souci, c'est la même. Mon sourcil, demain, ça devrait aller mieux. Et puis, après deux shampooings, je ne ressemblerai plus à une folle... Du moins je l'espère. Pour ceux et celles que ça intéresse et qui habitent Stockholm... Et qui sont très riches... Le salon est à Alvik.

Copyright Chantal CADET 2007

Aujourd'hui, en vous écrivant ma bafouille j'écoutais la même compilation de vieilles chansons qu'hier, dont je vous mets ci-après un extrait. C'est samedi, et un peu de douceur, ça n'a jamais fait de mal à personne... Enjoy !!

 


Scorpions - Still Loving You

par chantal cadet publié dans : Le jour où...
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Bon déjà, j'ai une mauvaise nouvelle... Maman a un ordinateur, même à Paris !!!! Alors autant vous dire que depuis mon article d'hier, je rase les murs... Tiens, d'ailleurs, puisqu'on en parle, si l'un de vous pouvait m'héberger pendant les cinquante prochains étés, ça m'arrangerait, parce que j'ai l'impression que je suis devenue persona non grata dans la maison familiale et voire même que je peux définitivement renoncer à l'héritage...

Je peux faire la vaisselle, et si vraiment vous êtes vernis, je ne casserai rien... Allez, quoi, soyez pas vaches... Je vous jure, avec moi, vous ne vous ennuierez pas !!! Non ??? Bon ben, ce matin je suis allée tester le masseur suédois... J'suis nouée au niveau des épaules et... Bon ça va, je vois bien que ça n'intéresse personne !!! J'peux agoniser dans mon coin, y'en a pas un qui va m'aider, hein !!! J'vous raconte quand même !!!

J'avis pris rendez-vous par téléphone, pour Neuf heures trente ce matin. Comme le masseur avait son cabinet non loin de chez moi, j'y suis allée à pied et, miracle, j'y suis arrivée sans encombre. Y'a des jours comme ça, où non seulement il y a du soleil, mais où en plus, j'arrive à mes rendez-vous à l'heure...

9h25 : Je pousse la porte du cabinet de massage (massör).

9h26 : Ce n'est pas très grand et il n'y a personne pour m'accueillir. Je décide de patienter.

9h33 : Cela fait sept minutes que je contemple les murs et je décide que les murs sont moches.

9h36 : Je commence à m'impatienter, et je lance un timide "heho" dans l'espoir de voir arriver quelqu'un.

9h37 : Rien n'a bougé. Je me dis que le masseur est mort dans sa salle de massage et qu'il faut que je sorte de là très vite, sinon, je vais être accusée de meurtre.

9h39 : Un quart d'heure que j'attends. Je me dis que la crétine qui m'a filée cette adresse va passer un sale moment.

9h40 : Je me rappelle que je suis la crétine en question parce que j'ai pris cette adresse au hasard dans l'annuaire. Je me dis qu'il ne faut surtout pas que je me mette à rire.

9h41 : J'éclate de rire.

9h42 : Un mec sublime vient de faire son apparition et me regarde d'un air étrange.

9h43 : Je me dis que le mort est non seulement sublime mais qu'en plus, il est vivant, et qu'il faut absolument que j'arrête de rire. Je me dis aussi que j'adore les mecs sublimes et que lui et moi, on va bien s'entendre.

9h44 : Le mort me demande qui je suis et ce que je veux.

9h45 : Je dis au mort entre deux hoquets, que je suis le rendez-vous de 9h30, et que j'ai mal au dos.

9h46 : Le mort me dit que le rendez-vous de 9h30 est déjà en cabine avec lui, mais que si je suis Mme Untel, j'ai rendez-vous à dix heures trente.

9h47 : Je ne ris plus. Je confirme que je suis Mme Untel et il me tend une fiche à remplir.

9h48 : Je ne comprends rien à la fiche qui est en suédois et le mort a à nouveau disparu.

9h49 : Je décide de remplir la fiche quand même. Je veux faire bonne impression.

9h54 :Le mort est à nouveau devant moi. Il récupère la fiche.

9h55 : Le mort rigole en lisant la fiche. J'en conclu que le mort a de l'humour... Ou qu'il se fiche de moi.

9h55,5 : J'avoue au mort que je ne parle pas suédois.

9h59 : Le mort est assis près de moi avec une nouvelle fiche dans les mains pour que nous la remplissions ensemble.

10h00 : Je décide que le mort est sublime, et qu'en plus il est sympathique.

10h01 : Je décide que j'aime le parfum du mort.

10h02 : Je décide que j'aime la voix du mort.

10h05 : J'ai du mal à me concentrer sur la fiche, à cause du mort qui est près de moi, et je viens de lui dire que j'ai cinquante ans.

10h06 : Je suis flattée parce que le mort me dit que je fais sacrément plus jeune que mon âge.

10h07 : Je rectifie mon âge et là je suis beaucoup moins flattée parce que le mort ne me dit pas que je fais sacrément plus jeune que mon âge.

10h10 : Le mort m'abandonne encore une fois. Je pense me faire hara kiri.

10h20 : Le mort réapparaît. Il me demande d'aller me déshabiller dans la cabine numéro deux et de m'allonger à plat ventre sur la table.

10h21 : Je me dis qu'il est un peu rapide parce que ça ne fait même pas une heure qu'on se connaît, mais je ne peux pas résister à son charme et je me dirige vers la cabine.

10h22 : Il y a une musique toute douce dans la cabine. Le mort est un romantique.

10h25 : Je suis allongée sur la table à plat ventre et j'attends le mort avec impatience.

10h29 : Je crois que je suis en train de m'endormir.

10h37 : Le mort vient de me toucher et je confirme, je devais être en train de m'endormir, parce que je ne l'ai pas entendu arriver.

10h40 : Je décide que le mort a les mains douces.

10h48 : Je décide que je veux épouser le mort et finir mes jours à me faire masser les épaules par lui.

10h52 : Je suis trop bien. C'est décidé, dès le massage terminé, j'épouse le mort.

10h54 : J'espère que le mort va aimer la Corse.

10h58 : Je décide que le mort et moi, on aura un enfant et qu'il sera masseur comme son père.

11h00 : Je dresse la liste des invités.

11h04 : J'aurais une robe bustier rouge et blanche.

11h05 : Je laisse tomber la robe bustier parce que je viens de me rappeler que j'ai été lésée sur ce qu'on met généralement dans un bustier.

11h08 : J'veux plus que ça s'arrête.

11h12 : Je suis au nirvana.

11h15 : Maintenant que nous sommes fiancés, je pense que je vais lui demander de rajouter les papouilles sur la nuque.

11h17 : Je souris béatement. Et j'ouvre les yeux.

11h18 : Je suis debout les mains sur la poitrine... Enfin sur ce qui est supposé me servir de poitrine. Je crois que j'ai hurlé.

11h19 : Ce n'est pas le mort qui est en face de moi mais le grand-père de Frankenstein. D'ailleurs je crois qu'il a hurlé aussi quand j'ai sauté de la table.

11h20 : Je refuse d'épouser cet homme, même sous la torture.

11h21 :Le grand-père de Frankenstein me demande pour quelle raison j'ai sauté de la table.

11h22 : Je lui réponds que quelque chose m'a effrayée. Je décide de ne pas lui dire que la chose, c'est lui.

11h23 : Je lui dis que je viens de me rappeler qu'il faut que je parte. Je crois que je tremble.

11h25 : Je sors de la cabine. Il n'y a personne dans la salle d'attente.

11h26 : Je sors de chez le massör en courant.

11h28 : Je me dis que j'ai failli épouser le grand-père de Frankenstein et j'éclate de rire.

11h30 : J'arrête de rire. Je viens de m'apercevoir que je suis partie sans payer.

Ce salon de massage se situe près d'Alvik pour celles et ceux qui habitent Stockholm et que ça intéressent. Le monsieur qui m'a massée a des mains de velours... Pour le reste... Ce n'est pas du velours...

Copyright Chantal CADET 2007

Aujourd'hui, en vous écrivant ma bafouille, j'écoutais l'album de Vincent Delerm "les piqûres d'araignée" dont voici un extrait ci-après.

par chantal cadet publié dans : Le jour où...
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C'est dimanche, et il fait beau... Je Profite de ce que ma maman soit à Paris pendant quelques temps pour vous raconter enfin le jour où je suis allée acheter mon joli petit canard !!!!! Avec un peu de chance, elle n'a pas d'ordinateur à portée de main et donc je n'aurai pas à subir ses foudres... Et de toute façon, je pense qu'étant donné tout ce que j'ai fait subir à ma famille depuis que je suis née, je suis déjà déshéritée... Alors...

Et puis si elle lit le sujet... Ben... Je dirai que c'était pour faire remonter l'audience du blog... Donc, que c'était pour la bonne cause !!! Mes copines je ne peux pas les choquer plus que le soir où nous avons fait un repas filles chez un certain libanais... Et puis les autres... J'vous aime bien mais je ne vous connais pas... Et puis ça fait deux mois que je suis sage comme une image... Alors...

Alors un jour en feuilletant un petit magazine qui s'appelle "Stockholm shopping guide" je suis tombée sur une publicité pour un magasin appelé Lovestore qui se trouvait sur Södermalm à Stockholm... Et sur cette publicité, apparaissait le fameux petit canard qui me faisait fantasmer depuis quelques temps déjà...

ARGHHHHHH !!! En gros, ça résume bien ce que j'ai ressenti en voyant l'objet de mes désirs exposé dans cette publicité... Ensuite j'ai pensé, j'le veux !!! Et puis j'ai regardé les horaires d'ouverture et noté l'adresse sur mon petit calepin...

Bondegatan, 6, pour celles et ceux qui habitent Stockholm et que ça intéressent... C'était un samedi vers midi... Le magasin est relativement petit et se trouve dans un quartier dans lequel il y a principalement des restaurants.

12h10 : Je passe une première fois devant la vitrine, l'air de rien.

12h11 : Je repasse devant la vitrine, l'air de rien.

12h12 : Je repasse encore une fois devant la vitrine et je décide qu'à mon âge, je dois avoir le courage de franchir le seuil du lieu magique, malgré le fait que j'ai l'impression que tous les gens que je croisent ne regardent que moi.

12h13 : Je décide de rentrer discrètement et rapidement dans le lovestore.

12h13,5 : Pour la discrétion et la rapidité, c'est loupé, j'avais oublié que les portes suédoises s'ouvrent dans le sens opposé des portes françaises et je viens de me cogner brutalement dedans.

12h14 : Je confirme, tout le monde me regarde.

12h15 : Je prends un air dégagé et je pénètre dans le magasin sous l'oeil apitoyé des deux vendeuses.

12h17 : J'admire la diversité des objets présents et j'entreprends de faire le tour de la boutique à la recherche de mon joli petit canard.

12h19 : Je me dis "Han... Ca existe ça" devant un immense objet de forme oblongue qui me laisse perplexe.

12h25 : La vendeuse vient de me demander si je me suis enfin décidée sur la  couleur du fameux objet oblongue que j'admire depuis cinq minutes et me dit que j'ai fait le bon choix.

12h26 : J'ai envie de fuir.

12h27 : La vendeuse est en train de me faire la démonstration dudit objet. Les clients présents me regarde avec intérêt.

12h28 : Je fais la fille qui assume et je prends un air absorbé, mais j'veux rentrer chez moi.

12h29 : Punaise, c'est trop bien ce truc, j'en veux un aussi.

12h30 : Je discute couleurs avec la vendeuse au milieu d'un tas d'objets oblongues, sous l'oeil de plus en plus intéressé des clients présents.

12h33 : Je viens de découvrir qu'il existe des sous-vêtements qui se mangent. Je décide qu'il m'en faut aussi, au cas où... On ne sait jamais, une disette pourrait s'abattre sur la Suède.

12h34 : Je ne vois toujours pas de canard.

12h36 : J'entends des bruits étranges qui viennent du coin là-bas.

12h38 : Je découvre une sorte de cabine dans le coin. C'est de là que viennent les bruits.

12h39 : Je pense que, d'après les bruits de claques qui proviennent de la cabine, quelqu'un a dû faire une grosse bêtise...

12h40 : Un homme me fait un clin d'oeil. Je ne comprends pas, je ne crois pas l'avoir jamais rencontré.

12h41 : Je décide de l'ignorer, mais ce n'est pas facile d'ignorer quelqu'un dans un endroit aussi petit.

12h43 : Je cherche toujours mon canard. Je crois que l'homme se rapproche de moi.

12h44 : Je m'approche des vendeuses. Mon canard est là près de la caisse.

12h45 : ARGHHHHHH !!! C'est le bruit que je viens de faire en l'apercevant. Et à nouveau tout le monde me regarde.

12h46 : Je saisis l'objet de mes désirs et me dirige vers la caisse avec un sourire ravi.

12h47 : La vendeuse étale mes achats devant elle, et me demande si je veux des piles.

12h48 : Tout le monde regarde ce que j'ai acheté. Je fais celle qui assume. Le gars de tout à l'heure est derrière moi.

12h49 : Je décide que je n'assume plus et que je veux sortir d'ici au plus vite.

12h53 : Au moment où je franchis la porte de sortie, le détecteur se met à sonner.

12h54 : La vendeuse se dirige vers moi.

12h55 : Je décide que j'ai honte. Parce qu'en plus des clients de la boutique, ceux qui étaient sur le trottoir à l'extérieur regardent aussi.

12h56 : Je suis mortifiée. La vendeuse sort un à un mes achats, et les passe devant le détecteur pour trouver celui qui provoque la sonnerie. Toute la rue en profite.

12h58 : Elle trouve enfin le coupable et repart vers la caisse avec l'objet oblongue. Moi, je suis au bord de la crise de nerfs.

12h59 : J'ai envie de fuir mais je ne suis pas certaine d'assumer le fait que la vendeuse décide de me poursuivre avec l'objet oblongue dans les mains.

13h00 : Je quitte enfin la boutique, limite si je ne cours pas.

14H01 : Je suis sûre qu'on me suit. Je décide que j'ai peur. J'accélère.

14H03 : Je rentre dans un restaurant qui s'appelle le "WC", et me précipite dans les toilettes.

14h04 : Je décide que je veux finir mes jours ici.

14H11 : Je me dis que finalement je préfère finir mes jours ailleurs que dans les toilettes d'un restaurant suédois qui en plus s'appelle le "WC".

14h12 : Je me décide à sortir de là.

14h13 : Une fille qui attendait devant la porte me regarde sortir d'un air soupçonneux et fait "yeps" en regardant mon sac de chez lovestore. Je prends un air dégagé.

14h15 : Je m'assois au comptoir pour commander à manger et me remettre de mes émotions. Je planque le sac de lovestore sous mon tabouret.

15h19 : Je quitte le restaurant. Je décide de le prendre en photo pour vous le mettre sur le blog parce qu'on y mange très bien et je traverse la rue pour avoir une meilleure vue.

15h21 : La serveuse du restaurant gesticule de l'autre côté de la rue en hurlant. Elle a mon sac lovestore dans une main et mon canard dans l'autre.

15h22 : Je décide que je veux mourir là, tout de suite !!! Je traverse en courant sous le regard des passants beaucoup trop nombreux à mon goût, récupérer mon sac que j'arrache presque des mains de la fille.

15h23 : Je décide que j'ai eu ma dose de ridicule pour aujourd'hui et qu'il est grand temps de rentrer chez moi.

 

Je me demande pourquoi ils ne vendent pas de canards chez COOP, ça simplifierait la vie de millions de femmes. En tout cas, la boutique est très sympa et l'ambiance y est bon enfant. Les vendeuses sont très cool et se font un plaisir de vous expliquer comment fonctionnent les objets, au cas où vous auriez un doute... Moi, je vous donne juste un conseil, vérifiez avant de franchir le portillon que la vendeuse a bien tout démagnétisé, parce que le coup du détecteur qui sonne... Moi, j'avoue que ça m'a fait un choc... Ensuite... Ben... C'est que du bonheur !!!

Copyright Chantal CADET 2007

Aujourd'hui, en vous écrivant ma bafouille j'écoutais l'album de Jane Birkin "the best of" paru en 1996, dont voici un extrait ci-après... Avec Serge Gainsbourg.

par chantal cadet publié dans : Le jour où...
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