chantal.cadet at GMAIL.com
A l'âge de dix-sept ans, après six mois (exceptionnels et franchement marrants mais jugés comme
franchement pas drôles et plutôt mouvementés de la part de mes parents) passés en pension à St Denis de la Réunion, et suite à une sombre histoire de drogue sur laquelle je ne m'étendrai pas, je fus rapatriée en urgence et manu militari par mes parents sur l'Ile de Mayotte sur laquelle ils vivaient avec mes
frères...
Moi je vivais une folle histoire d'amour avec un caïd marseillais de dix ans mon aîné, venu se mettre au vert à La Réunion pour éviter de se faire trucider en pleine guerre des gangs, et que
j'avais rencontré dans l'avion. Un gars d'une beauté à tomber, flambeur et tatoué, sortant de prison... mon goût pour l'aventure était comblé.
Bref, mon rapatriement sur Mayotte était une punition...
Mais si mes six mois passés à La Réunion furent des mois de débauche exceptionnels, mon séjour à Mayotte fut lui, tout simplement extraordinaire. Entre mes
gamelles à moto avec mon frère aîné, la méhari de mes parents que j'empruntais régulièrement alors que je n'avais pas le permis et mes sorties nocturnes en douce pour aller voir mon
petit copain Seychellois, skipper sur un bateau que je rejoignais chaque nuit alors que mes parents me croyaient endormie, en pagayant dans le noir à plat ventre sur une planche de surf
et où j'ai failli me noyer une bonne douzaine de fois... mon goût pour l'aventure était aussi comblé.
C'est d'ailleurs en sa compagnie ainsi qu'avec mon frère Eric et un troisième larron que nous avons un beau jour décidé de participer à une course de pirogues... sponsorisés par une société
de déménagement dont nous arborions fièrement les jaunes couleurs...
On n'a pas gagné . Nan. On a coulé au bout d'un quart d'heure, mais dignement, hein. Après avoir vainement essayé d'écoper, on a
attendu tous les quatre, les bras sagement croisés pendant que la pirogue prenait l'eau, que les secours arrivent sous la clameur des trois mille spectateurs présents ce jour-là. Nous avons eu
notre photo dans les journaux, au même titre que les vainqueurs. Comme quoi...
Mon goût pour l'aventure se développant avec l'âge, au grand damne de mes proches, j'ai commis d'autres forfaitures dont je vous passe les détails. Nan, tout n'a pas toujours foiré.
J'ai appris à skier à 19 ans en commençant par une piste noire.... je crois être une des seules nénettes à avoir eu le privilège de redescendre sur les télésièges pour cause de panique
paralysante. Aujourd'hui je suis une fana de ski.
J'ai sauté du viaduc de la Souleuvre, 61 mètres, et ce, dans l'optique de vaincre mon vertige... j'avais à la main un saut en plastique blanc sur lequel mes collègues de l'époque avaient tous
écrit un petit mot d'encouragement... j'ai eu la peur de ma vie et mon vertige est pire qu'avant, mais je suis très fière de mon diplôme.
J'ai même gravi les plus hauts sommets de Corses, certes en râlant tout le long du chemin et en demandant à chaque personne que je croisais de me redescendre dans son sac à dos, mais en arrivant
chaque fois au bout avec succès... il n'y a plus aucun volontaire pour m'accompagner parce que je suis une chieuse de première.
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Ben oui : belle aventure, jolis dessins. (C'est un dicton familial.)
Peut-être j'aurais un truc qui va se discuter à plusieurs à te proposer... ;-o