Mouaich...
En même temps, hier soir j'ai passé la soirée seule, face à mon ordinateur...
Peut-être j'arrête de me la péter...
chantal.cadet at GMAIL.com
Chaque mois, le même jour, à la même heure, plusieurs blogueurs écrivent sur un sujet commun. Ce mois-ci le sujet est "mon blog, ma drogue"... Je vous encourage à aller rendre une visite à Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigenia, Julien, Christophe, Hibiscus, Bluelulie, Anne, Hpy, Joël, Looange, Loïc & Hyun-Jung, Jo Ann v, V à l'ouest, William, Catie, Nanou, Isabelle, Gally, Froggie, La Nymphette, Julie70, Aurélie N, Gazou, JulieMeunier, BlogBalso, Celine, et Vladyk qui sont mes compagnons d'écriture aujourd'hui et qui vous ont concocté un petit texte très sympathique... Allez zou, dépêchez vous d'aller vous régaler avec leurs bafouilles !!!
Mon blog, ma drogue.
C'est un sujet qui tombe plutôt bien parce qu'en ce qui me concerne, demain, cela fera un an que je me lançais dans l'aventure bloguesque.
Dès le départ, j'ai commis une erreur grossière. Ce blog étant destiné uniquement à ma famille et à mes amis, je n'ai pas pris de pseudo. Quiconque voulait avoir de mes nouvelles allait
taper mon nom et mon prénom dans Google et me trouvait sans problème. C'était parfait et simplissime.
Sauf que.
Sauf que dans ce monde où tout le monde google (du verbe googleler) son voisin à la première occasion, je me suis aperçue rapidement que cela n'avait pas été une bonne
idée. Nan. Voire même une idée qu'elle était pas bonne du tout.
Et il m'est difficile certaines fois de me trouver face à des personnes qui viennent de m'être présentées, et qui s'exclament à haute voix "mais si, tu as des seins", ou bien
encore, "l'épilation intégrale, demande à Chantal"... ou tout simplement qui éclatent de rire juste quand on leur dit qui je suis... sans compter que je suis devenue une pro
de la visite guidée des sex-shops de Stockholm, avec bien évidemment conseils à l'appui. Je pense d'ailleurs que les vendeuses doivent commencer à se dire que j'organise des tour-opérator du
sexe.
Bien sûr j'avais le choix. Censurer mes propos, n'aborder que des sujets politiquement corrects, abandonner ce blog ou en créer un autre sous un autre nom. Je me suis plus d'une fois posé la
question. J'ai décidé finalement de juste essayer de me faire plaisir, et d'écrire selon mes envies, les autres ayant finalement le choix de me lire. Ou pas.
Et même si j'ai l'air d'écouter avec attention les personnes qui voudraient que j'écrive sur ceci ou n'écrive pas sur cela, il n'en est rien. Je n'en fais qu'à ma tête. Tout le temps, et sur tous
les sujets.
Alors vous dire que je suis devenue blog addict serait en deçà de la réalité. En fait, je pense blog en permanence, je mange blog, je dors blog, je baise blog. Chaque instant de ma vie devient
blogable, et je suis toujours prête à dégainer mon appareil photos à la moindre occasion pour régaler mes visiteurs de mes photos loupées.
Je prends des notes sur des tas de petits bouts de papier que de toute façon je perds immédiatement ce qui fait que lorsque je me retrouve face à mon clavier, je ne sais jamais ce que je vais
bien pouvoir écrire, et je ne peux faire appel qu'à ma mémoire. J'écris dans ma tête en permanence, quels que soient le lieu ou l'heure et il n'est pas rare que j'éclate de rire sans raison parce
que j'imagine la façon dont je vais pouvoir raconter une anecdote somme toute très banale aux yeux de n'importe quel quidam quelconque mais d'une importance hautement bloguesque à mes yeux à
moi.
En plus du blog, je suis aussi rapidement devenue une droguée des statistiques. Qui était venu me visiter ? Combien de fois ? Pendant combien de temps ? Et mon blog rank... élevé ?
Pas assez élevé ? Pourquoi ? Etc...
Voilà une chose qui m'est passée, au fur et à mesure que les visiteurs se sont fait plus nombreux et plus réguliers. J'ai d'ailleurs toujours du mal à comprendre l'intérêt que peut susciter chez
quelqu'un qui ne me connaît pas, le plaisir de me lire chaque jour.
Le blog, ça amène des choses sympathiques, et parfois étonnantes. Je reçois des poèmes, des déclarations enflammées, des témoignages, des photos de vacances, de mariage, des propositions, des
mots gentils, une fois des menaces aussi...
Ca m'a permis de rencontrer des personnes que je n'aurais peut-être jamais croisées, de faire de belles rencontres, ça crée des liens invisibles avec certains de ses lecteurs qui donnent
parfois l'envie de franchir le cap de la rencontre.
Le revers de la médaille, parce que bien entendu, il y en a un... c'est que parfois on m'a posé des ultimatums "c'est ton blog ou moi", "tu as trente minutes pour écrire,
ensuite je débranche l'ordi", "si tu parles de ça, je ne te t'adresse plus la parole"... certaines fois, le choix fut difficile.
C'est le peu de confiance qu'on peut m'accorder parfois "surtout tu n'en parles pas sur ton blog, hein", "je te le dis, mais ne va pas l'écrire partout"... je
pense pourtant savoir faire la part des choses.
Ce sont ces gens qui vont tout faire pour essayer de me croiser, essayer de deviner où j'habite, me reprocher de ne pas accepter de les rencontrer, et qui m'effraient parce que je ne comprends
pas cette démarche.
Mon blog n'est qu'une fenêtre à peine entr'ouverte sur ce que je suis, sur ce que je vis. J'évite de trop en dire et ça me fait sourire quand on me dit qu'on me connaît si bien grâce à lui ou
qu'il serait fort aisé de me reconnaître dans la rue.
Mais même si ce blog n'est pas MOI, il tient une grande place dans ma vie... j'y suis accro et même si j'arrive aujourd'hui à m'en éloigner quelques jours, à accepter de sauter quelques posts
sans culpabiliser, je rode autour des cyber cafés à l'étranger et je vendrais mon âme au diable pour pouvoir pianoter quelques instants quand je suis loin d'un ordinateur.
Mon blog, ma drogue.
Oui.
Mon blog, mon amour, aussi.
Copyright Chantal CADET
Ce matin c'est Renan Luce.
Vos petits mots..