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Tiens, là, en direct live, je te prouve que Frida, elle ne demande rien à personne et que même les Suédois, pourtant peu réputés pour draguer l'expatriée frenchie, et bien ils ne lui résistent pas.

Ca se passe à Gotland, le soir de Valborg. Frida et ses copains et tous leurs enfants sont venus regarder le feu de valborg et le feu d'artifice...

Tu passes sur le feu d'artifice... tu passes sur les commentaires fort intéressants et forts judicieux que l'on fait toujours dans ces cas-là... ensuite tu passes sur le feu de Valborg... et puis tu tends l'oreille et tu entends le dragueur suédois qui fait connaissance avec Frida et la suave voix de Frida et son magnifique accent typiquement frenchie qui répond fort poliment au dragueur suédois.

Rassure-toi, des fois, Frida sait parler anglais sans l'accent Frenchie... mais souvent, elle aime bien jouer à la touriste frenchie qui a un merveilleux accent frenchie et un vocabulaire limité, ça permet de virer rapidement l'opportun... et surtout, ne loupe pas sur la fin la voix assez géniale du sweedish ravi d'avoir emballé la nénette et qui finit par s'emballer lui-même...

Ensuite, ne sois pas étonné, ça coupe brutalement. Frida est tombée en panne de batterie... enfin, pas moi, l'appareil à filmer... et je te prie de croire que c'est fort dommage.



J'ai même eu droit à un hug plus que sympathique... ensuite j'ai eu droit à une engueulade de mon ado et aux moqueries de mes potes, qui, bien que perchés sur la colline d'en face, n'avaient rien perdu de la scène grâce à l'éclairage des flammes du feu...

C'est même pas moi qui avait commencé...

Chienne de vie.
par chantal cadet publié dans : Les vacances, c'est trop bien.
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Ma copine elle a dit "le pire ce serait qu'on loupe le bateau"... mouah ah ah ah...

Alors là, aucune malchance que le pire arrive. Il est onze heures trente, le bateau, il est à seize heures et tous les bagages sont dans la voiture... en plus on passe la journée à se balader dans Visby, donc mis à part gros souci de dernière minute, le bateau c'est comme si j'étais déjà dessus.

Tiens, d'ailleurs, il faut y être combien de temps avant le départ du bateau, au port, histoire que je te rassure et que je te prouve que nous sommes laaaaaaaaaaargement dans les temps... mouah ah ah ah ah !!

Alors... mouaich... là c'est la ville de départ... là c'est la ville d'arrivée... là c'est la date donc aujourd'hui... il faut y être une heure avant... donc pour un départ à... heu... un départ à... haannnn ???? Sept heures cinq ce matin ???? Merdum !!!!

Ben voui.

Là j'ai foncé vers la voiture de mes potes, mon billet à la main, en hurlant "on a loupé le bateau, on a loupé le bateau"... évidemment, ça a bien fait marrer tout le monde. Moi, on ne me croit jamais de toute façon. C'est comme Pierre avec ses loups, qu'à force de crier pour rien il a fini au fond d'un puits, et que je le sens bien que je vais y finir aussi, moi, au fond d'un puits et qu'on me dira encore que je l'ai bien cherché alors que je suis aussi innocente que l'agneau qui vient de naître.

Bref.

Je leur ai mis mon billet sous le nez et l'évidence leur a sauté dessus. Et puis mon pote il a déplié son billet et il l'a mis sous mon nez et l'évidence, elle m'a aussi sauté dessus. Sauf que ce n'était pas la même évidence. Moi, j'avais loupé mon bateau puisqu'il était parti ce matin de bonne heure. Eux, il n'avait rien loupé du tout puisque leur bateau partait bien à seize heures.

Mon ado, elle a dit qu'elle voulait changer de mère. Mon troll, il avait une tête de catastrophe ambulante. Mes potes, ils étaient hilares. Waterloo, morne plaine...
Ben la journée de balade dans Visby, elle était un peu compromise, hein...  parce qu'il fallait que je parte à la pêche aux billets de bateau et que ce n'était pas forcément gagné.

C'est là que je t'explique ce que c'est que le vrai racisme anti-étrangers, le racisme sournois avec l'air de pas y toucher, le racisme de gens propres sur eux dans un pays protectionniste et qui prône hypocritement l'égalité pour tous et la facilité d'intégration. Mon oeil.

En réservant mes vacances sur Internet je me suis aperçue d'une chose. Si je le faisais en langue suédoise, et non pas en langue anglaise, je gagnais trois cents euros sur une prestation strictement identique. Les prix ne sont pas les mêmes selon que tu causes ou non suédois. Par exemple, le tarif enfant est divisé par trois sur un billet de bateau si tu causes suédois...  si tu ne causes pas suédois, pas de réduction enfant. Et tout est à l'avenant.

Donc, mes potes et moi, on a tout fait en suédois. Par Internet, c'était simple. Là, je me retrouvais à devoir racheter un billet de bateau, mais en direct live... donc, en anglais. J'ai donc pris mon téléphone et appelé la compagnie maritime et on m'a annoncé un tarif de cent-vingt euros.

Surprise... le billet de retour simple m'avait coûté quatre-vingt euros... passe encore que je perde dix euros au passage parce que je prenais des places à la dernière minute, dans un bateau vide pour cause de hors-saison, mais quarante euros... c'est là que j'ai pu sortir mon joker, qu'il ne sera pas dit que seize mois passés ici ne m'auront servi à rien, je leur ai parlé de MOBNING.

Les Suédois, quand tu leur parles de MOBNING, ils n'aiment pas ça. Le MOBNING, pour faire simple, c'est de la discrimination (mais ça peut aussi être du harcèlement, du racket, etc) et la Suède recèle de comités anti-mobning en tous genres, notamment dans les écoles.

Là, le simple fait de prononcer le mot m'a fait gagner quarante euros... et j'ai pu acheter mon billet au tarif officiel de quatre-vint euros, tarif appliqué à tous les quidams qui causent le suédois parfaitement.

Du coup, la balade dans Visby a pu avoir lieu... et à quinze heures pétantes, j'étais au port... et même pas j'ai loupé une seconde fois mon bateau...

J'suis trop forte, moi.

Copyright Chantal CADET 2008
par chantal cadet publié dans : Les vacances, c'est trop bien.
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Les cottages, ils étaient bien, y'a rien à dire. C'était confortable et tout et tout, y'avait même des lits, c'est te dire...

Juste, y'avait un "mais". Ben voui. Parce que tu remarqueras que souvent quand tout est nickel chrome, y'a quand-même le petit "mais" sur lequel tu vas focaliser toute ton attention et qui va réussir à te faire oublier vite fait le nickel chrome du départ.

Le "mais" chez moi, il a pris une envergure démesurée dès le premier soir, sans que rien ne puisse le laisser présager sous le bruit d'une musique que d'ordinaire j'affectionne mais que là, nan, vraiment, faut pas pousser Frida dans les orties, parce que Frida, elle a de la patience, mais pas trop longtemps. Et tu seras de mon avis dès lors que je t'aurai narré la chose. L'intro, c'est torché, on va pouvoir passer à du sérieux maintenant que ce n'est pas trop tôt.

Donc, tout était bien dans mon joli cottage que je me félicitais d'avoir fait le bon choix et que congratulations il y a eu avec les copains du cottage d'à côté, nan, mais parce qu'on avait un peu choisi au hasard sur le net et que des fois le hasard, hein... mais bon, là, ça allait. En plus y'avait la mer face à moi, et moi quand y'a de l'eau, je suis une femme comblée.

Ma comblétude comblesse comblétitude comblétition comblerie comblisure combl... béatitude a été d'une durée relativement courte. En fait vers Vingt et une heure, une musique pas mélodieuse mais presque, envahissait mon espace vital sans que je n'aie rien demandé à personne. En bref, un crétin n'avait rien trouvé de mieux que de me coller un mange-disques* fort bruyant juste sous mes fenêtres à l'heure pile poil où mon troll allait se coucher, transformant mon cottage en boîte de nuit.

Ca a fait ni une ni deux. Je suis sortie pour demander au DJ d'aller trimballer son mange-disque* ailleurs que devant chez moi... sauf que sous mes fenêtres, point de DJ il n'y avait. Nan. De mange-disques* non plus d'ailleurs. En fait, cherche-pas, y'avait rien d'autre que de la pelouse.

La boîte de nuit, elle était dans le cottage d'à côté... y'avait même des femmes qui dansaient. Mais pas de mecs. C'est bien ma veine. C'était la hors-saison suédoise, y'avait quatre cottages de loués en tout et pour tout et
pas un mec à l'horizon j'avais hérité des voisines les plus bruyantes du coin.

Je me suis dit que je leur donnais la permission de dix heures... et qu'ensuite j'allais leur demander de baisser le son. Et puis je suis allée rejoindre ma copine qui était dans le cottage d'à côté du mien mais de l'autre côté mais qui entendait quand même la musique rapport que les murs de nos habitations, c'était du papier journal mâché et que ça sur Internet, c'était pas écrit.

Ma copine et moi nous nous sommes installées sur sa terrasse pour observer les étoiles et puis aussi pour observer la suite des évènements. Ben on n'a pas été déçues. Ca faisait pas cinq minutes que nous observions les étoiles que les femmes sont sorties avec cinq barbecues jetables** pour faire de la friture que je te prie de croire que je me suis retrouvée légèrement angoissée.

Elles ont alors allumé les barbecues. Ensuite, elles ont entamé la danse du feu autour des barbecues parce que les flammes du barbecue, elles étaient devenues géantes et qu'elles avaient beau donner des coups de pied dessus, oui, je sais, quelle drôle d'idée, et bien les flammes elles grandissaient encore, alors les femmes elles se sont mises à crier et puis y'en a une qui a bien fait de sauter en arrière parce qu'elle a failli prendre feu...

Nous on regardait et on critiquait. Nan, mais parce que tout ce bruit et toute cette agitation à presque dix heures du soir avec les enfants qui dorment... ou plutôt qui assistent, ravis, au spectacle, le nez collé aux fenêtres du cottage.

Note, moi ça ne m'a pas fait marrer longtemps leur manège. Faut dire aussi que les cottages, ils étaient tous en bois. Et que leurs barbecues, elles les avaient collés sous mes fenêtres et que ce n'est pas en sautant dessus qu'elles allaient éteindre les flammes...

En plus, la musique était à fond, les portes grandes ouvertes... ma patience, elle commençait à s'émousser sérieusement... je suis allée gentiment les voir pour leur demander de la mettre en sourdine. Juste ça a été un peu compliqué because elles parlaient une langue que je n'avais pas à mon répertoire mais que quand même on a fini par s'entendre grâce à l'une d'elle qui connaissait Shakespeare.

Moi je leur ai suggéré d'aller sur la plage, que ce serait mieux pour tout le monde... la plage, ça ne leur plaisait pas comme idée, mais elles ont été fort cool sur ce coup-là. Elles ont éteint leur mange-disques* et ont fermé leurs portes. Juste, elles n'avaient pas mangé, parce que forcément, à force de sauter sur les barbecues, ils étaient devenus inutilisables... Y'avait toujours un bruit de fond, mais rien que de très supportable.

Jusqu'à onze heures trente.

Où elles ont dû se rappeler qu'elles n'avaient pas mangé. Et où elles ont dû aussi se rappeler qu'il leur restait un barbecue dans un coin. Et comme un + un ça fait deux, elles se sont à nouveau installées sous ma fenêtre avec leur barbecue.

Y'a eu à nouveau les flammes géantes. Y'a eu à nouveau les cris. Y'a eu à nouveau les femmes qui sautent sur le barbecue, en vain. Et puis y'a eu Frida qui a pris une casserole d'eau pour aider les femmes, parce que là, les flammes, elles devenaient dangereuses.

Ensuite... ben ensuite, y'a eu la femme qui saute quand Frida arrive avec sa casserole d'eau... et que comme Frida, elle ne maîtrise pas forcément ce qui n'est pas maîtrisable, et bien la casserole, elle est allée directement sur la femme sauteuse et pas sur les flammes. La copine de Shakespeare, elle a dit "shame on you", que moi je m'en fiche et voire même je réponds "toi même". Les autres elles ont dit plein de choses que je ne pense pas que ce soit des mots d'amitié envers moi mais que je m'en fiche, j'ai rien compris.

En tout cas, ça a calmé tout le monde et moi, j'ai gagné le silence...

Jusqu'à quatre heures trente du matin.

Heure du décollage du premier avion au départ de l'aéroport de Gotland situé manifestement sous l'autre fenêtre de mon cottage... avion qui m'a ponctuellement réveillée chaque matin de mes vacances à l'heure où même la campagne ne blanchit pas.

Les boules du docteur Quiès, c'est pas dans les oreilles que je les avais. Nan. Pas dans les oreilles.

Copyright Chantal CADET 2008


* Pour toi qui as moins de trente ans, ceci est un mange-disques :


** Pour toi qui ne vis pas en Scandinavie, ceci est un barbecue jetable :
par chantal cadet publié dans : Les vacances, c'est trop bien.
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Le monsieur qui m'avait aimablement prêté sa connexion Internet sans le savoir mais de son plein gré, il avait décidé d'aller faire un tour dans son jardin. C'est son droit.

Juste, le monsieur, il avait aussi un chien. C'est aussi son droit.

M'enfin.

Je n'avais pas fini de plier mon ordinateur que je voyais débouler la boule de poils vers moi. Ma chance dans cette histoire c'est que c'était une petite boule de poils fort sympathique qui a trouvé plutôt marrant le fait de trouver une fille accroupie dans son jardin. Je n'ose imaginer la réaction d'un doberman... ni ce qu'il serait advenu de ma carcasse.

Le monsieur, il avait décidé de téléphoner, alors de ce côté là, j'étais à peu près tranquille. Le chien, il avait décidé de s'amuser, là, j'étais un peu moins tranquille... va ramper dans un jardin inconnu avec un ordinateur sous le bras et un clébard qui te saute dessus et te léchouille au moindre mouvement, et le propriétaire dudit clébard qui téléphone à quelques pas de toi...

J'ai entrepris mon repli stratégique à reculons... je te conseille l'exercice, c'est top pour se muscler les cuisses. La boule de poils, elle a trouvé ça très drôle et elle s'est dit que c'était le moment pour faire copine/copine, alors elle a posé ses pattes sur mes épaules et elle m'a fait une grande léchouille sur le visage.

Beurk.

Déjà, à reculons c'est pas simple. Mais à reculons avec le clébard câlineur appuyé sur mes épaules...

Qu'on ne vienne pas me dire que la vie est un long fleuve tranquille. Je veux bien admettre que je cherche un peu les ennuis, mais quand même... je ne mérite pas une punition à chaque fois... Nan. Pas à chaque fois.

La seule ressource que j'ai trouvée, c'est de prendre un morceau de bois et de l'envoyer au loin en priant pour que le clebs soit amateur de ce genre de jeu... et en priant aussi pour que son maître ne se pose pas trop de questions quant au fait que son clebs soit assez doué pour s'envoyer lui-même ses bouts de bois et courir après.

Le clebs, il était amateur. Il s'est mis à cavaler derrière son bout de bois. Ca m'a permis de reprendre mon repli stratégiquement, qu'à la Légion Etrangère, ils peuvent compter sur moi comme instructeur s'ils veulent et que même je leur ferai un bon prix.

Juste le clebs, il est revenu vers moi avec son bâton dans la gueule, et il l'a déposé devant moi... j'ai senti que peut-être j'avais eu une idée moyennement bonne... parce qu'en plus, il s'est mis à aboyer pour que je lui re-balance le bâton... dont acte.

Au cinquième lancer, je commençais à en avoir ras-le bol, et mes cuisses commençaient aussi à en avoir ras le bol. Mais j'étais presque arrivée en bordure de jardin, je n'allais pas abandonner la bataille alors que j'avais presque gagné la guerre.

Je me suis levée et j'ai balancé le bâton.

Fallait pas.

J'ai entendu un cri. Le chien s'est mis à courir vers le bâton. Le propriétaire du chien s'est mis à courir vers moi. Moi, je me suis mise à courir vers la haie.

Fallait pas.

D'accord, comme instructeur à la Légion Etrangère, je serai parfaite. Mais uniquement pour le repli stratégique. Nan, mais parce que pour le saut en hauteur, à la Légion, va falloir qu'ils trouvent quelqu'un d'autre.

J'suis pas douée, j'suis pas douée, hein. On ne va pas en faire un plat. En même temps, je n'ai jamais prétendu le contraire.

Bref.

Je me suis donc mise à courir le long de la haie en me disant que j'allais bien finir par tomber sur la porte par laquelle j'étais rentrée. Le gars derrière moi, il hurlait des trucs en Suédois. A mon avis, c'était pas des encouragements. Le clebs, il courait en aboyant. Lui, ça avait plutôt l'air de lui plaire cette histoire.

J'ai fini par trouver la porte et je te prie de croire que j'ai dû battre des records d'ouverture de porte que peut-être je pourrais figurer dans le livre des records de 2009 et avoir un joli papier à accrocher au-dessus de mon lit dans ma chambre et que ma mère elle serait vachement trop fière de moi. Pour une fois.

Ensuite j'ai couru sur la route. La seule pensée que j'avais dans la tête, outre le fait que j'allais y laisser ma peau parce que je n'avais plus de souffle, c'est que ça allait me faire une bien belle histoire à raconter sur mon blog.

Des fois je mérite des claques.

Copyright Chantal CADET 2008
par chantal cadet publié dans : Les vacances, c'est trop bien.
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