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Y'avait cette chanson qui passait sur le lecteur CD, parce que moi dès que tu me mets dans ta voiture, tu emportes avec toi non seulement une fille géniale, moi, mais aussi toute ma collection de CD préférés que tu vas écouter en boucle dans ta voiture, ça fait partie du package... et si c'est ton jour de chance, je ne chante pas. Nan, mais tu te rends compte, la fille et les CD pour le même prix, après tu pourras toujours dire que je ne suis pas une affaire... tu seras de mauvaise foi si tu tiens de tels propos et l'invasion des crickets s'abattra alors sur toi pendant au moins trente générations.

M'enfin, on ne va pas digresser trop longtemps sur mes CD rapport à ma mésaventure récente et douloureuse qui ne m'a pas conduite à Ouarzazate mais presque et que je reste méfiante sur les suites de cette histoire.

Bref.

Y'avait donc cette chanson qui passait et même pas je reprenais les paroles à tue-tête alors que c'est mon habitude, et ce pour le plus grand plaisir de mes enfants, rapport que là, j'étais un peu fatiguée suite à la soirée... heu... fatigante que nous venions de passer. Cette chanson elle devait être belle dans sa tête parce qu'il a posé sa main sur ma main, prenant ainsi un risque immense parce que quand même il conduisait en même temps avec son autre main,
whaouh, quel homme, et puis aussi il a tourné la tête vers moi, et que là quand même le risque il était à son paroxysme comme tu l'imagines et que c'est sa vie et la mienne qu'il mettait en jeu alors le moment de tendresse je l'ai apprécié à sa juste valeur. Quand même, je lui ai dit "la route bordel, regarde la route bordel" que peut-être ce n'est pas très romantique mais que je tiens à ma peau.

Il a laissé la main, mais il a repris son regard.

Y'avait la chanson qui continuait... y'avait sa main posée sur la mienne... y'avait son regard embué sur la route sombre... ça transpirait le romantisme et la tendresse dans tout l'habitacle, limite si on voyait encore la route d'ailleurs avec tout ça qui dégoulinait tout partout... les phéromones, elles dansaient la gigue autour de nous avec des airs de conspiratrices mais que moi j'ai le sixième sens pour ces choses-là et que je ne me fais pas avoir... j'ai bien compris la suite du programme, je ne suis pas une femme pour rien. "T'as envie de tirer un coup ?", je lui ai dit.

Il n'a pas répondu... les phéromones elles ont eu l'air un peu surprise par mon audace, un instant elles ont arrêté leur danse... et puis elles ont repris de plus belle. Tu penses bien. Les salopes, elles étaient à la fête, elles anticipaient le festin de Pantagruel.

Quand on est arrivé, elles étaient tellement scotchées sur nous les sales bêtes qu'on avait du mal à faire un mouvement... peut-être aussi c'est parce qu'on était un peu collé l'un à l'autre et que c'était pas top pour avancer jusqu'à ma porte. Y'avait de la bave qui coulait de nos baisers.

Beurk, beurk, beurk, quand je pense à tous ces microbes échangés...

Péniblement j'ai réussi à ouvrir la porte que la clef bizarrement, elle voulait aller partout sauf dans la serrure mais que c'est quand même moi qui commande, nan, mais oh !!

On est rentré et on a attaqué le déshabillage en règle, et crois-moi avec les phéromones qui te tournent autour et sans cesser de s'embrasser, c'est franchement compliqué. Vivement la retraite !!

Mais quand même on a réussi à atteindre le salon. C'est le maxi qu'on pouvait atteindre d'ailleurs, les phéromones elles faisaient un barrage pour les autres pièces et vu leur air pas sympa, on a préféré ne pas insister. Aussi on n'allait pas non plus faire le tour de la maison à poil et en bavant partout, c'est quand même moi qui me tape le ménage et la maison elle est grande. Déjà que j'allais devoir ramasser toutes les phéromones mortes le lendemain matin...

On était nu comme des vers de terre... ça bisouillait à tout va et tout partout que limite moi je me demandais combien on était à baver... quand il m'a regardée et que j'ai bien senti qu'il y avait une demande dans ses yeux mais qu'il osait pas la formuler... et pourtant dans la famille timide aux sept familles, et bien tu peux toujours demander, il y est pas de toute façon., alors tu es sûr de perdre la partie...

"Vas-y, demande" que j'ai dit...

Il a demandé.

"Tu veux bien t'asseoir sur la table basse... et moi je passe dessous... et je regarde... tu veux bien ?"

Un peu mon n'veu que je veux bien... moi quand je peux faire plaisir, et bien je fais. J'suis pas du genre bégueule... et puis les phéromones elles étaient vachement intéressées par la chose et voire même elles prenaient des notes...

Il est passé sous la table. Les phéromones aussi. Moi je me suis assise dessus. La table. Dessus la table. Je me suis assise dessus la table. Il a dit "tu veux bien bouger un peu ?", et oui je voulais bien. Alors j'ai bougé. Un peu. Et puis un peu plus. Les phéromones, elles sont venues avec moi sur la table et elles ont remué du popotin elles aussi.

La table, elle a pas aimé. Jalouse.

La vitre elle a éclaté en mille morceaux et puis y'avait du bois partout, tu parles d'une aventure... les phéromones elles ont déguerpi sans demander leur reste. Moi j'ai bondi tellement haut que des fois je me dis que je suis pleine de ressources inconnues en moi et qu'il va falloir que je creuse le filon parce que peut-être j'ai de l'avenir là-dedans...

Lui, il bougeait plus. Il bandait plus non plus et ça m'a un peu affolée, j'aime pas les jouets cassés. Je me suis dit que peut-être il était mort... pour être sûre j'ai demandé "t'es mort", et il a dit que nan, et ça m'a un peu rassurée.

Juste il pouvait pas bouger. Il avait peur. Il était couvert de bouts de verre... y'avait un peu de sang aussi, oh pas grand chose, hein, pas de quoi en faire une maladie non plus, ça va oh, y'a pas eu mort d'homme, bordel ma tableuuuuuuuu...

Le verre, c'est comme pour les cactus. Tu enlèves le plus gros avec les doigts et puis tu prends une pince à épiler pour les petits bouts qui sont enfoncés dans ton jouet. Ensuite, tu pends le balai et tu ramasses.

Et puis tu joues au puzzle aussi. Parce que ma table elle a presque 200 ans et que c'est une antiquité chinoise et qu'il y avait tout plein de chevrons imbriqués les uns dans les autres tout partout et que sans le modèle et bien c'est dur à refaire... m'enfin, on a eu la nuit pour ça, hein...

Et si tu comptes sur les phéromones pour t'aider, tu peux toujours courir.
Plus une seule à l'horizon.
Tu le crois que même pas on a baisé en plus ?
Chienne de vie.

Bon et bien moi, là tout de suite je suis ravie de partir demain sur Paris... parce que quand il va lire ça lundi matin de son bureau... j'voudrais pas être à la place des phéromones...

Copyright Chantal CADET 2008



La photo, c'est un coucher de soleil sur Gotland, et ose me dire après que les plus beaux coucher de soleil ne sont pas en Suède...
par chantal cadet publié dans : J'ai testé pour vous... Mais je n'aurais pas du !
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J'ai croisé une copine... je lui ai dit que mes gamins étaient chez des copains ce soir... elle m'a dit "rhooooooooo, une bonne soirée en perspective", moi j'ai fait "rhooooooooo, oui, hu, hu, hu" d'un air ravi.

Il est minuit cinq. J'ai mangé une pizza trop salée... ensuite je me suis fait les trois épisodes de Docteur House sur la une, et puis je suis passée sur TMC pour me faire Cold Case. J'en suis au deuxième épisode.

J'aime pas Cold Case.

Rhoooooooooooooo, hu, hu, hu.

Sacrée soirée.

par chantal cadet publié dans : Humeur du jour.....Ben quoi ?
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Quand j'étais petite, les gens du village et d'ailleurs venaient voir ma grand-mère quand ils avaient une insolation, une entorse ou bien encore "le mauvais oeil"...

En Corse, on désigne par le terme de ochju (oeil) les forces occultes dont un individu est victime. Le mauvais œil peut-être donné par les vivants c'est innochju ou par les esprits, imbuscada. Il est souvent considéré comme étant la conséquence de sentiments troubles que certaines personne ont envers toi, tels que la jalousie ou l'envie.

C'est la raison pour laquelle, en Corse, quand tu complimentes un enfant ou une personne adulte, tu dois obligatoirement rajouter derrière, "que Dieu la/le/te/vous bénisse" afin d'une part de montrer que tu es sincère, et d'autre part afin qu'un mauvais esprit jaloux de ce que tu es en train de dire ne vienne pas s'en mêler et interférer en transformant tes compliments en "mauvais oeil".

La personne atteinte du mauvais oeil doit faire appel à celui ou celle qui possède le pouvoir de le chasser, de le briser, bref, tout simplement le pouvoir de conjurer le mauvais œil, crucia l'occhju. Les seules personnes capables de conjurer ce mauvais sort sont les Signadori qui possèdent les gestes et connaissent les prières qui vont chasser le mal.

Ces gestes et ces prières sont transmises uniquement la nuit de Noël, la seule nuit où aucun mauvais esprit ne rôde. La transmission se fait de façon orale, en langue corse, et tu as interdiction absolue de les écrire ou de prendre des notes. Si tu ne respectes pas strictement cette tradition, tu pourras bien faire et dire ce que tu voudras, ça ne fonctionnera pas, tu n'auras pas eu le pouvoir...

Evidemment, tu ne peux pas non plus dévoiler ces rites ou ces prières à une date autre que la nuit de Noël. Autrefois, ce savoir se transmettait uniquement dans une même famille... aujourd'hui, c'est moins vrai. Tu peux transmettre à une personne qui t'est chère et surtout qui le mérite, à condition que cette personne ait certaines prédispositions.

Le thème de la magie et de la sorcellerie est corollaire à celui de la médecine populaire, l'un et l'autre entretenant souvent des rapports étroits dans la tradition, les dons de la signadora ne se limitent pas à conjurer le mauvais oeil, ils soulagent aussi certaines maladies auxquelles on n'attribue pas de causes magiques : vers, entorses ou insolations par exemple.

Mes prédispositions à moi, outre la fascination que les dons de ma grand-mère avaient sur moi, et le désir de perpétuer tous ces savoirs ancestraux pour qu'ils ne se perdent pas, ce serait paraît-il au départ une très grande intuition qui arrive à surprendre les autres et à les mettre mal à l'aise, mais qui me gêne moi aussi bien des fois.

J'ai appris ces gestes et ces prières... et n'allez pas croire que je passe mes journées à faire des incantations ou à invoquer les esprits. Ce n'est pas le cas. Je les utilise très très rarement, uniquement à la demande de gens qui me sont très proches ou dans des situations très particulières.

Alors, pour certains de ces gestes, il y a des explications logiques, notamment pour un coup de soleil ou une insolation où un copain chercheur au CNRS qui m'a vu le faire sur sa femme pour la soulager (mais sans la toucher), m'a dit "mais c'est absolument génial ton truc, il fallait y penser mais c'est tout à fait logique que ça fonctionne, et tes prières ne servent qu'à mettre un peu de fioriture dans un remède de grand-mère qui marcherait tout aussi bien sans". Tant mieux, ça m'a rassurée.

Mais tu le croiras si tu veux, j'ai vu des choses se passer que rien n'explique... et j'ai aidé parfois à ce que des choses se passent avec au fond de moi un sentiment d'inquiétude... et le fait est que les deux uniques fois où j'ai dit à quelqu'un qui était dans une situation telle que ça m'a poussée à parler alors que généralement je ne parle pas de ça "si tu veux, je connais un truc... je peux le faire... je ne te garantis rien, mais si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal", et bien un petit miracle a eu lieu, ça a fonctionné.

Je n'en parle pas souvent. Je n'en joue pas. Ma mère dit que je suis très douée. Je refuse la plupart du temps de faire quoi que ce soit m'attirant les foudres ou l'incompréhension des personnes à qui j'ai dit non.

Quelque part j'aime ces traditions et je suis très fière d'en être la détentrice et j'espère les transmettre à mes enfants. Une part de moi y croit, probablement la part qui a vu ma grand-mère les utiliser ou qui n'arrive pas à expliquer que ça puisse fonctionner quand moi je les utilise... Mais la part rationnelle qui est en moi refuse que je puisse en faire un jeu, ou les utiliser à tout bout de champ comme solution magique, et la part rationnelle qui est en moi est bien embêtée.

Je ne te raconterai pas d'anecdotes sur le sujet, et oui tu vas être frustré et oui peut-être je vais finir brûlée vive sur un bûcher à Salem, ville qui se trouve à une poignée de kilomètres de Stockholm en plus.
Mais bon. Je t'ai confié là un de mes secrets... et puisque je suis dans un jour de grande bonté, je vais t'en confier un second. Approche ton oreille.

Quand je mange un yaourt, je ne tourne pas ma cuiller dedans... je fais tourner le pot du yaourt autour de la cuiller. Idem quand je me lave les dents. Je ne fais pas bouger la brosse à dents... je fais bouger ma tête.

Quand je te dis que je vais finir sur un bûcher, tu peux me croire, ce n'est pas une image...


EDIT du 16 juin : étant donné le nombre de mails que vous m'avez envoyé suite à ce post, mails auxquels je ne  répondrai pas, je vous donne la référence d'un livre passionnant sur le sujet : MAZZERI, FINZIONI, SIGNADORI aspects magico-religieux de la culture corse de Dorothy Carrington aux Editions Alain Piazzola.


Copyright Chantal CADET 2008

Aujourd'hui comme le 15 de chaque mois, je participais à la rédac du mois avec mes copains blogueurs
Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, Bluelulie, Hibiscus, Anne, Julien, Looange, Froggie, Jo Ann v, William, Catie, Nanou, Cecfrombelgium, Gally, Julie70, Gazou, BlogBalso, Vladyk, Lydie, Guy Cardinal, Optensia, Joël, Linda, Denis, Julie, Le chat qui, Ckankonvaou, Lodi, Mahie, Asibella, Mariuccia, Brigetoun, Amanda, Renée, Mouton, et Agnes, dont je vous invite à aller lire les bafouilles sur le sujet.

par chantal cadet publié dans : Ahhhh... Ca ce n'est pas mal du tout !
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YEEPEAH !!! YEEPEAH !!! YEEPEAH !!! YEEPEAH !!! YEEPEAH !!!

A l'unanimité du jury et avec 75% des votes internet en sa faveur, c'est ma cousine qui a gagné !!!!

Elle s'envole pour Paris samedi prochain, prise en charge par l'agence ELITE, agence avec laquelle elle a signé son contrat de manequinat.

Et puis elle sera donc aussi l'égérie de la marque Corse MACHJA pour un an.

Un immense MERCI à vous tous qui avez voté pour Antonia et qui avez apporté votre petite pierre dans cette aventure...

par chantal cadet publié dans : Ahhhh... Ca ce n'est pas mal du tout !
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J'avais prévu d'arriver un peu en avance parce que je me suis dit que comme ça je restais debout, je m'avançais jusqu'au gars quand il arrivait, je tendais la main, je récupérais le CD, je disais merci et je partais. Mon plan était parfait, j'avais beau le retourner dans tous les sens, y'avait pas une faille à l'horizon, j'étais fière de moi.

Je suis donc arrivée un quart d'heure en avance, y'avait personne avec un CD dans la main, j'étais donc la première.  Frida is a perfect woman, of course.

A dix-huit heures pétantes, j'ai vu arriver la voiture, impossible de me tromper, y'avait la plaque de la diplomatie qui est bien repérable... et puis y'avait aussi le chauffeur qui m'a regardée avec un grand sourire quand la voiture s'est arrêtée et que je me suis avancée... je me suis dit "oh mon dieu, il a visionné le CD. Oh mon dieu, tous les gars de l'ambassade ont visionné le CD. Oh mon dieu si ça se trouve tout le Maroc a visionné le CD..."

Quand le chauffeur a ouvert la porte au gars en costume noir à rayures, moi j'ai juste tendu la main pour avoir mon CD. Le gars il a pris ma main dans la sienne... et puis il la lâchait plus. Et puis le chauffeur il souriait toujours. Et puis le gars il me regardait et il souriait aussi en tenant ma main. Alors moi j'ai commencé à me faire des films dans ma tête...

Je me suis dit qu'ils allaient m'enlever, là, sur ce trottoir stockholmois et que j'allais finir sur un autre trottoir, mais plutôt du côté de Ouarzazate... je me suis dit que j'aurais dû venir avec une copine, histoire que je ne finisse pas toute seule à Ouarzazate, parce qu'à deux, c'est toujours plus facile... je me suis dit que je ne reverrai plus jamais la Corse...

J'ai retiré ma main et puis j'ai pris un air méchant et puis j'ai balancé, histoire de lui faire peur, "m'en fous d'abord je suis Corse et puis j'ai un blog et j'ai tout raconté dessus et j'ai balancé votre adresse mail sur le net et tout le monde sait que j'ai rendez-vous avec vous, alors attention, hein..." nan mais oh... j'irai pas à Ouarzazate sans me défendre !!

Le chauffeur il a continué à sourire. L'idiot... il avait pas compris qu'il risquait gros s'il m'emmenait à Ouarzazate parce que vous auriez été des millions à me rechercher. Le gars au costume, il a dit "je ne comprend rien à vos histoires, mais vous allez tout me raconter, nous allons le boire ce café ?" et puis il a dit un truc dans une langue inconnue, peut-être du moldave mais j'en suis pas sûre, au chauffeur qui est parti avec la voiture.

Moi j'ai dit "j'veux pas aller à Ouarzazate". Il a froncé les sourcils... et puis il a dit que j'avais tort parce que c'était une très belle ville même si c'était un peu loin pour aller y prendre un café. Ouais... ben nan. Quand même j'veux pas y aller.

Et puis j'aime pas trop le café, moi... alors j'ai pris un coca fraise. Ensuite je lui ai dit que je voulais le CD parce qu'il avait pas l'air trop pressé de me le rendre... il l'avait mis dans une enveloppe, j'ai ouvert un peu pour regarder que c'était bien lui. Ca faisait comme dans les films quand les bandits ils font des échanges discrets mais que la police elle surveille dans un coin et après elle arrête les voleurs... c'était bien mon CD, l'échange il était réussi, restait plus qu'à partir avant l'arrivée de la police...

Le gars il m'a regardée et il a dit "mais c'est donc bien vous sur le CD"... ben voui. C'est donc moi. et puis il a dit "mais pourquoi vous faites ça ?"... ben voui. C'est vrai ça, mais pourquoi je fais ça moi ???? Hein ???? Pourquoi ???? Mais pourquoi, bordel, je fais ce genre de truc, moi ????

J'ai avalé une gorgée de mon coca fraise avec ma paille. Ca a fait SLURPPP. Peut-être que si j'avais la bouche pleine, il comprendrait que je ne pouvais pas répondre... il m'a dit "alors ?", moi je me suis concentrée sur mon coca fraise qui était moyen bon parce que y'avait pas assez de fraise, mais que quand même ça allait à peu près.

Il a répété "Alors ?". Moi j'ai répété SLURPPP, SLURPPP, SLURPPP. Il a dit "vous êtes payée pour ça ?". Le SLURPPP qui arrivait, il a jamais réussi à sortir, je me suis étranglée avec, y'avait du coca fraise partout qui sortait de mon nez et de ma bouche pendant que je toussais.

"Ca va pas, hein, vous insinuez que je suis une prostituée parce que je fais un CD marrant pour mon homme ? Ca ne vous est jamais arrivé à vous de vous faire offrir ce genre de chose ?". Il a dit que non, moi j'ai répondu que c'était bien dommage pour lui et que peut-être ça lui ferait du bien si ça lui arrivait.

Tu sais quoi ? Il a dit avec un sourire ravi, "mais ça m'a fait beaucoup de bien".

Mon sang, il a fait qu'un tour. Le verre de coca aussi il a fait qu'un tour. Direct sur sa chemise et son costume rayé. Ensuite je suis partie. Digne. Avec mon CD dans une main et ma paille machouillée dans l'autre.

Pas à Ouarzazate.

Copyright Chantal CADET 2008
par chantal cadet publié dans : J'te raconte mais sans citer de nom...
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Je vais t'éviter l'intro qui dure deux heures, toi ça va te faire plaisir et moi ça va me faire gagner du temps. Et mon temps en ce moment il est précieux... il est tellement précieux que je lui cours derrière sans jamais le rattraper mais en m'emmêlant un peu les pinceaux dans ce que je fais.

Et tu vois l'image qui est là, juste à gauche, j'ai l'impression que c'est moi... je pousse ma pierre qui est énorme, je la pousse vachement fort parce que je veux avancer mais elle est tellement lourde que dès que je relâche mon attention et que je pousse un peu moins fort, et bien elle descend la pente en sens inverse et me roule sur les pieds.

Ensuite... et bien ensuite, en plus d'avoir horriblement mal aux pieds, et bien je fais une horrible grimace avec ma bouche, et je dis à voix haute "Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu, mais c'est pas vrai, j'ai pas fait ça ?!. Mais quelle idiote !!".

Et généralement, j'ai beau me lamenter, ça ne change rien à l'affaire, oui, j'ai fait ça.

Alors il y a les fois où ce n'est pas grave, où ça n'engendre guère de conséquences dramatiques... les fois où c'est rattrapable, où c'est récupérable... les fois où je vais savoir gérer quand même, où je vais pouvoir expliquer et où tout le monde va comprendre...

Et puis il y a les fois comme ce matin... ce matin où une fois de plus j'ai fait une horrible grimace et où j'ai dit à voix haute "Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu, mais c'est pas vrai, j'ai pas fait ça ?!. Mais quelle idiote !!". Le genre de fois où j'ai juste envie d'un trou pour me terrer, d'un arbre et puis d'une corde pour me pendre, je prends les trois merci, c'est pour emporter, nan, pas besoin d'un sac plastique je vais consommer tout de suite... quoique... le sac plastique ça peut aider... si je le mets sur la tête...

Mon troll est parti avec sa classe en Normandie pendant huit jours, il y a quelques temps, ils appellent ça classe de découverte, c'est fun c'est bien et ça aide mon gamin à grandir pendant que moi je vais m'éclater à Prague, et puisque les voyages forment la jeunesse, moi je suis pour.

Pendant ces huit jours, une des instits à pris des photos. Plein de photos avec son appareil numérique, photos qu'il a fallu mettre sur des CD après, afin que chaque parent puisse découvrir à son tour ce que son gamin avait découvert en Normandie. Pour la classe du troll, vingt-huit gamins, donc cinquante-six CD à graver. Les vacances étant aujourd'hui, ben voui, ça y est c'est la quille en Suède, il fallait faire vite.

Etant donné que je suis une courge je passe pas mal de temps le soir sur mon ordi, je me suis proposée pour faire les gravures, en tâche de fond, ça se fait tout seul, ça ne m'embêtait guère.

Ca fait donc une semaine que je suis dans les gravures de CD... que je donne des CD, que j'essaye de récupérer des CD de remplacement à coup de mails de plus en plus assassins envers les parents pas cool qui tardent à me filer des CD vierges alors qu'ils ont récupéré les CD avec les photos... une semaine que je m'énerve quand ça rame, quand je me plante, quand je grave deux fois le même CD pour la même personne... une semaine que je coche des noms sur un cahier pour savoir à qui j'ai donné les deux CD, qui ne m'a pas encore donné deux CD vierges... une semaine que je me traite d'idiote pour avoir proposé de faire ces gravures...

Et puis hier soir, j'ai soufflé. Je gravais le dernier CD. Je cours toujours après mes CD vierges mais les gravures sont terminées et chaque gamin à ses exemplaires, et ce soir c'est le début des vacances scolaires, et c'est trop bien la vie des fois.

Des fois.

Mais jamais longtemps avec moi.

Ce matin je me suis lancée dans le rangement de mes CD... y'en avait partout autour de l'ordi... et puis voilà. Voilà que j'ai un CD orphelin. Un CD avec la première partie des photos des vacances en Normandie. Un CD avec des trolls qui se marrent dessus et puis aussi les plages du débarquement et le Mont St Michel. Un CD donc qui doit manquer à un parent...

C'est quand même bizarre ce truc, je me suis dit, j'ai bien compté et recompté, chacun a eu ses deux CD... J'en suis certaine. Ma main à couper comme on dit... deux CD chacun, c'est sûr... j'ai vérifié et re-vérifié au moins deux fois...

Forcément j'ai fait une bêtise. Forcément, j'ai donné un autre CD à la place. Au mieux un CD de chansons ou la saison quatre de Desperate Housewives que j'ai gravé pour ma mère... au pire un CD perso... c'est là que j'ai cherché parmi tous mes CD et que devant l'évidence, j'ai fait la grimace et que j'ai dit "Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu, mais c'est pas vrai, j'ai pas fait ça ?!. Mais quelle idiote !!".

Vraiment perso le CD... vraiment vraiment perso... du genre perso avec moi comme actrice principale... du genre perso que l'actrice principale elle est pas vraiment habillée dans le film... du genre perso qu'en plus de ne pas être habillée, elle fait des choses que la morale réprouve... du genre perso que c'était un cadeau pour une seule personne bien particulière... genre une surprise...

Tu parles d'une surprise. Forcément y'en a qui ont dû être surpris... et pour la récupération j'étais pas dans la mouise moi...

Et voilà-t'y pas que je commençais à t'écrire ce post pour te narrer mes déboires que Pierre Richard quand il court à côté de moi il arrive bon dernier, que je recevais un mail... mail dont je te fais une capture d'écran puis où j'enlève les noms parce que les bêtises ça suffit, et que je te mets ci-dessous...

Je te laisse juge.

Tu sais ce que c'est le "maec.gov.ma" dans l'adresse de l'expéditeur du mail ? Nan ? Et bien ça veut dire que le monsieur qui a mon CD, il est diplomate à l'ambassade du Maroc à Stockholm. Nan, mais parce que moi quand je fais des conneries, c'est bien comme il faut que je les fais.

Où qu'ils sont l'arbre et la corde ????????????

Copyright Chantal CADEt 2008


par chantal cadet publié dans : Humeur du jour.....Ben quoi ?
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Sinon, j'ai fait des cannelés... c'est peut-être un détail pour toi, mais pour moi ça veut dire beaucoup, ça veut dire que je suis libre, heureuse d'être lààààààààà malgré touououououououout...

Whou, hou, hou, whou...

Hou, whou, hou, whou...

Di dou dah...

La, la, la...

Quand les trouillards sont à genouououououououx, et les soldats au garde à vouououououous... simplement sur mes deux piéééééééééééééééééééééééééés, je voulais être moi, vous comprenéééééééééééééé...

Ben voui.
Y'en a qui écrivent des posts passionnants sur leurs blogs.
Moi pendant ce temps, je fais des cannelés.
Chacun son trip.

Je fais la pâte et puis quand la pâte est prête et qu'elle a passé deux heures dans mon fridge, et bien je m'assois par terre devant mon four et je les regarde vivre leur vie de cannelés.

 
Tu savais que ça couine le cannelé, toi ? Nan ? Et bien voilà, sache-le. Le cannelé couine quand il cuit. Ah mais attention, hein, pas le petit couinement de rien du tout comme quand tu fais semblant parce que le naze entre tes cuisses il assure pas du tout, mais que bon peut-être si tu fais semblant, il va se barrer de là vite fait, satisfait de lui,  et toi tu as une chance d'attraper le dernier épisode de Docteur House...

Nan

Le cannelé, il couine pour de vrai quand il est chaud... un peu comme moi toi quand le gars, en bas, il a tout compris à comment que ça marche la mécanique féminine... qu'au départ le couinement il arrive tout doucement, il vient de loin, l'air de rien, mais il se précise, et puis comme le gars il est doué, il fait durer, alors le couinement il est un peu retenu, mais en même temps il est quand même là, et puis soudain il s'amplifie sans que tu t'en aperçoives et là... ben là...

Là ça veut pas dire que le cannelé il est cuit. Nan. Parce que le cannelé ça cuit pendant au moins une heure. Mais ça ne couine pas pendant une heure. Nan. Et c'est fort dommage.

Ensuite je mange mes cannelé, parce que oui, c'est pour ça que je les ai faits les cannelés, pour les manger. Là j'ai beaucoup hésité. Devais-je ou pas mettre une photo sur laquelle apparaissait ma main, au risque qu'un dangereux paranoïaque me reconnaisse dans la rue et attente à ma vie ? Pareil pour l'assiette. J'ai beaucoup hésité. Devais-je mettre une photo de mon assiette au risque qu'elle croise un dangereux paranoïaque qui ne la reconnaisse dans la rue et attente à sa vie ?


Et pour quelle raison étrangeuuuuuuu, les gens qui n'vivent pas comme vouououous, ça vous dérange, ça vous dérangeuuuuuuuu, whou hou whou hou...

Ce qui est con quand je mange mes cannelés, c'est qu'après y'en a de moins en moins.
Et pour quelle raison étrangeuuuuuuu, les gens qui pensent autrement, ça vous dérangeuuuuuuuu, ça vous
dérangeuuuuuuuu, whou hou whou hou...

Du coup j'ai aussi fait des meringues, et puis j'ai mis du chocolat dessus.


Mais comme j'ai une tête qui pense, j'ai pensé qu'après avoir mangé les meringues, et bien j'en n'aurai plus. Du coup j'ai aussi fait un fondant au chocolat.
Ooooooooooooooooooooooh, mon dieu... y'en a déjà presque plus.

Et pour quelle raison étrangeuuuuuuu, les gens qui n'sont pas comme vouououous, ça vous dérangeuuuuuuuu, ça vous dérangeuuuuuuuu, whou hou whou hou...

Le secret dans le cannelé, c'est le rhum. Il faut en mettre beaucoup... et il ne faut pas hésiter à en rajouter.

Nan.

Faut pas hésiter.

Whou hou hou hou hou...

Copyright Chantal CADET 2008

par chantal cadet publié dans : Ahhhh... Ca ce n'est pas mal du tout !
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J'ai à ma disposition une vingtaine d'invitations pour la soirée de clôture du casting Machja, sponsorisé par l'agence Elite, auquel ma cousine a participé.

Cette soirée aura lieu le samedi 14 juin à partir de 23 heures à Borgo, près de Bastia et le nom du gagnant ou de la gagnante sera annoncé à cette occasion.

Défilé des models, présentation de la collection Machja, petits fours, champagne et bien sûr bonne musique assurés !!

Si l'un ou l'une d'entre vous le souhaite, je peux lui envoyer une ou deux invitations par mail. Il suffit de me contacter à mon adresse mail en haut à gauche sur le blog et je vous les envoie par retour.
par chantal cadet
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Un jour il faudra bien qu'on m'explique et surtout qu'on me rende des comptes... et ce jour-là, va y avoir du grabuge, c'est certain.

Parce que moi je veux bien endosser une certaine part de responsabilité et je reconnais que bien des fois j'arrive à me faire du tort sans avoir besoin de personne mais quand même... quand même... quand même là, c'est pas moi qui cherchais des histoires.

Nan. Pas moi.

Moi j'étais sagement assise devant mon ordinateur à attendre que le monsieur qui venait faire le devis pour la pompe à chaleur, il arrive, et que même il était en retard ce monsieur-là et que ça commençait à m'énerver rapport que j'avais pas que ça à faire, de l'attendre, mais que bon l'ordinateur, ça m'occupait un peu quand même...

J'attaquais le quatorzième épisode de Desperate Housewives saison 4 quand j'ai entendu un gros BZZZZ BZZZZ pas sympathique du tout qui m'a fait tourner la tête vers ma fenêtre... et que là je me suis dit que j'abandonnais ma maison à qui la voulait parce que moi je refusais de vivre avec ce monstre qui était sur mon store et qui me menaçait avec ses gros yeux globuleux et sa grosse voix méchante.

En plus comme je n'étais pas chaussée, j'avais rien sous le pied pour m'en débarrasser... nan rien... sauf peut-être mon tee-shirt... que je me suis empressée d'enlever pour en fiche un coup sur le store, assommer la bête et l'écraser pendant qu'elle agoniserait sur le sol.

M'enfin, ça c'était le scénario de départ parce que je roulais pas bien vite et les évènements, ils n'ont eu aucun mal à me rattraper et à me dépasser et même pas ils ont mis le clignotant pour me dire qu'ils arrivaient et que moi j'avais pas de rétroviseurs et que j'ai rien vu venir.

Le coup de tee-shirt, je l'ai bien mis sur le store... et la bête, je l'ai bien touchée... sauf qu'au lieu d'aller agoniser par terre comme prévu, elle a atterri dans mes cheveux.... et qu'apparemment, elle a pas aimé le coup du tee-shirt...

Moi je me suis mise à sauter sur place en glapissant parce que d'une part j'avais cette bestiole qui bzzbzztait dans ma tignasse mais qu'en plus j'avais une trouille bleue et que jamais de la vie je serais allée y mettre ma main, dans ma tignasse parce que, enragée comme elle l'était,  j'étais certaine de me faire piquer

Alors, le seul truc que j'ai trouvé, c'est de donner des coups de tee-shirt sur ma tête, tout en continuant à sauter et à glapir, parce que ça de toute façon j'aurais voulu m'arrêter que je n'aurais pas pu, j'avais trop peur.

La suite tu dois bien l'imaginer... bien sûr c'est le moment qu'à choisi le gars des pompes pour débarquer chez moi par la porte-fenêtre entr-ouverte... et qu'il est resté à me regarder sans rien dire et sans même sourire pendant que je continuais la danse du bourdon en soutien-gorge et en me donnant des coups de tee-shirts sur la tête au beau milieu de mon salon. Chaque fois que la bestiole faisait BZZZZ, je glapissais encore plus fort et je tapais encore plus fort avec le tee-shirt.

Même pas j'ai eu honte.  Moi ce gars-là, c'était mon sauveur. Je me suis précipitée vers lui en lui tendant mon tee-shirt que même pas j'ose imaginer ce qu'il a pu penser à me voir accourir vers lui à moitié nue, mais que finalement comme je n'ai aucun amour propre, je m'en fiche complètement de ses pensées.

J'étais au bord de la crise d'hystérie, limite si je ne pleurais pas... impossible d'aligner trois mots d'anglais pour lui expliquer mon problème. Le gars, il a commencé à reculer dans le jardin. Je l'ai suivi. Il fallait qu'il m'aide, bordel. Finalement, péniblement, j'ai articulé "BZZZZ, BZZZZ" en lui montrant ma tête...

C'était clair. Et pourtant il n'a rien compris. Il me regardait avec des yeux ronds mais toujours sans sourire. Là j'étais au bord des larmes, j'avoue. Mon anglais il est revenu d'un coup et je lui ai fourré ma tête sous son nez en lui expliquant ce qu'il m'arrivait. Hyper tranquillement, le gars il a trouvé la bête du premier coup et il me l'a montrée et elle était morte et moi j'étais bien heureuse et presque j'avais envie de l'embrasser ce monsieur et peut-être je l'aurais fait.

Oui peut-être.

Peut-être je l'aurais fait si la vision de mon voisin qui nous regardait avec un air consterné par-dessus la clôture ne m'avait pas freinée net dans mon élan.

J'sais pas pourquoi mais j'ai comme qui dirait idée qu'il va y avoir de la rumeur dans mon quartier. Et bizarrement, pour une fois, ça ne me fait même pas sourire.

Copyright Chantal CADET 2008

par chantal cadet
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Ne me demande pas comment on a fait pour avoir son adresse, j'vais pas pouvoir te répondre, il en va de nos vies à ma cops et à moi, juste je vais t'avouer qu'on a employé des ruses de femmes et que ça a sacrément bien fonctionné puisque finalement c'est lui qui nous l'a donnée son adresse, de son plein gré en plus... sauf qu'il ne savait pas que c'était à nous qu'il la donnait. Ben nan... il croyait que c'était à un top model méga canon qui allait lui faire passer une soirée, comme on dit, réussie.

Des ruses de femmes je te dis, n'insiste pas.

Nous on a jubilé parce que ça faisait un moment qu'on courait après cette adresse rapport qu'on voulait lui faire une blague pour Pâques et lui mettre une cinquantaine de jolis petits poussins tous jaunes dans son jardin et puis voir sa tête heureuse d'homme ravi par une belle surprise quand il les aurait découverts.

Nous avons donc décidé, après tergiversation, d'aller nous faire un petit repérage de terrain, histoire de voir comment on pouvait envisager le dépôt de poussins et la fuite stratégique au cas où ça tournerait mal pour nos pommes. On ne sait jamais, dans la vie, des fois, ça ne se passe pas toujours comme on l'avait prévu. Surtout dans nos vies à nous.

Alors un matin, munies d'une carte de la région et de notre courage, nous nous sommes dirigées vers son quartier avec la voiture de ma cops, parce que la mienne, elle était grillée, il la connaissait, et qu'il fallait faire de l'incognito pour qu'il ne se doute de rien. On a un peu tourné dans son coin parce que sur la carte y'avait pas les sens interdits et puis aussi parce qu'on est moyen doué toutes les deux pour la lecture de carte routière.

Il était midi quinze... on s'arrête à un stop pour laisser passer une voiture et aussi parce que c'est un stop et qu'on croyait se rappeler qu'il faut parait-il marquer un arrêt quand on voit un stop... et voilà-t'y pas que la voiture qui arrivait de notre gauche et qui nous passe devant, que ça nous a fait un coup au coeur à toutes les deux et qu'on s'est mis à trembler comme un arbre sous le vent d'automne, et bien c'était la sienne, un 4X4 ML Mercedes noir, et que bien entendu, au volant, c'était lui...

A deux minutes près, on se faisait gauler et on avait des ennuis parce que jamais on aurait pu parler du hasard que ce gars là, on a jamais compris pourquoi mais il nous prend pour deux farfelues avec un grain de folie et que quelque chose nous disait qu'on aurait passé un sale quart d'heure s'il nous avait vues dans son quartier.

Tu parles d'un choc... on s'est dit que peut-être on allait d'abord déjeuner histoire de lui laisser le temps de retourner à son bureau et histoire surtout de se remettre de notre émotion d'avoir frôler le danger.

Donc après le déjeuner, on a assuré comme des pros et on a fait un détour par son bureau pour voir si son 4X4 était garé devant. Il l'était. C'est donc la conscience tranquille que nous avons repris nos investigations... la rue, elle a été facile à trouver parce qu'on a fait tout plein de déductions par rapport à d'où c'est qu'on avait vu arriver sa voiture et que comme on est des pros, et bien du premier coup on est tombé dans sa rue.

Juste... y'avait pas beaucoup de numéros dans cette rue... et surtout y'avait pas le numéro de sa maison et que ça nous causait bien du souci... que diantre, en femmes avisées, on a décidé d'arpenter la rue à pieds et de questionner fort discrètement le quidam local. Par chance, une place nous tendait les bras juste au début de la rue et que nous on s'est jeté dedans pour y laisser la voiture, ravies de cette opportunité qui nous était offerte par la providence

Ensuite on a commencé à regarder chaque maison en se collant à chaque grille pour zieuter dans les jardins en cherchant des indices... et que les gens qui habitaient dans le coin, ils ont commencé à nous regarder avec des yeux suspicieux, et ce, malgré nos sourires rassurants qu'apparemment y'avait que nous qui étions rassurées...

On a commencé notre travail de détectives en questionnant fort discrètement les passants... b'jour m'sieur dame, est-ce que par le plus grand des hasards et qu'en plus avec votre air intelligent rien ne doit vous échapper dans cette rue qui est la vôtre et que ma foi vous avez bien du goût, flatter, flatter, c'est le secret de toute enquête réussie, et bien vous pourriez nous dire où c'est qu'il habite le monsieur d'un mètre et quatre vingt cinq centimètres qui est expert-comptable de son métier, qui a des yeux marrons, des cheveux blancs et une classe que le Aldo Maccione à côté il joue du pipeau, et puis que ce monsieur il a aussi un 4X4 ML mercedes noir ? Hein ? Tu peux nous le dire ? Dis ? Hein ? Alors, tu parles crétin ? Tu vas nous le cracher le noyau de la cerise avant de te prendre un pain dans ta tronche de naze ?

Tu le croiras ou pas, y'en a pas un qui a pu nous répondre... tout le monde connaissait le 4X4, mais personne ne savait où il habitait le 4X4... c'est une véritable honte de ne point connaître ses voisins à ce point là. Ce n'est pas le réchauffement climatique qui sera notre perte. Nan. C'est l'indifférence des gens qui nous tuera tous, c'est moi qui te le dis.

Bref.

Ca ne nous a pas démontées. On a fait bras dessus, bras dessous, et on a commencé à chanter :

Eh là qui va là
Inspecteur Gadget
Eh la ça va pas
Ouh ouh
Oh la je suis là
Inspecteur Gadget

C'est moi que voilà
Inspecteur Gadget
Ça va être la joie
Ouh ouh
Au nom de la loi
Moi je vous arrête
Je vous arrête là

Go go
Gadget à main
Flash
Gadget au chapeau
Hey ho
Gadget au poing
Oh la
Elastico-Gadget

Les bandits sont là
Inspecteur Gadget
Ils n'échapperont pas
Ouh ouh
Si l'inspecteur fait gaffe
Fait gaffe aux gadgets
Qui marchent ou marchent pas


Que nous étions ma foi assez fières de nous rapport qu'on se rappelait par coeur des paroles de la chanson... quand on a eu fini d'arpenter la rue dans un sens, on a fait demi-tour toujours en chantant à tue-tête que les têtes des habitants de la rue venus aux fenêtres de leurs maisons, elles étaient assez anxieuses et rigolotes.

C'est quand on venait à peine d'amorcer le demi-tour de la rue qu'on l'a vu. Un 4X4 noir ML Mercedes. Il arrivait droit sur nous. Je te raconte pas la trouille qui nous est tombée dessus que nous on s'attendait pas à ça rapport qu'on le croyait au bureau à travailler... et que merdum, c'était pas prévu dans ce feuilleton que l'inspecteur Gadget il avait des ennuis.

Ca a été hurlements et panique à bord. Moi surtout. Ma cops, il la connaissait qu'en photo, pas en vraie. Elle risquait moins que moi. J'ai foncé vers ma gauche. Y'avait une agence de je ne sais quoi, je me suis jetée sur la porte qu'on n'a pas voulu m'ouvrir mais que c'était une porte sans tain et que les gens à l'intérieur, je les comprends un peu de ne pas avoir voulu m'ouvrir vu que ça faisait une demi-heure qu'on arpentait la rue en chantant et que soudain je me précipite comme une dératée vers leurs bureaux en hurlant, avec une tête affolée...

Mon coeur il allait sortir de ma poitrine... et puis j'ai vu la camionnette qui était garée à côté du bureau. J'avais pas le choix. J'ai foncé dessous et je me suis mise à prier. Y'avait une dame qui vidait le coffre de sa voiture à côté. En me voyant passer sous la camionnettes, elle a pris tous ses paquets et elle a couru vite fait chez elle en laissant son coffre ouvert et en poussant des petits cris que je me suis demandée si elle était pas en train d'accoucher malgré qu'elle était maigre comme un clou.

M'enfin bon, c'était moins une. Le 4X4, il est passé à côté sans ralentir, et ma cops stoïque elle a continué à marcher l'air innocente sur le bord de la route. Juste elle a arrêté de chanter.

Ensuite, ben on a foncé comme Speedy Gonzales, mais sans le "arriva arriva" vers l'endroit où la providence nous avait fait garer la voiture et ma cops a démarré en trombe pendant que je m'aplatissais par terre devant le siège passager.

Heu... ben ce jour-là on n'a pas trouvé sa maison...

Copyright Chantal CADET 2008

 

par chantal cadet publié dans : Souvenirs, souvenirs...
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